L’ampleur des mobilisations nationales interprofessionnelles et professionnelles expriment sans ambigüités le profond rejet de la politique menée par la droite au service des banques, des actionnaires, des entreprises du CAC 40.
Si la réforme des retraites est au cœur des mobilisations, comme un véritable enjeu de civilisation, c’est tout un système, le système capitaliste lui-même qui est mis à l’index.
La conscience s’élargit sur l’idée que le capitalisme fait la démonstration en Europe et sur la planète qu’il ne peut répondre aux défis de l’émancipation humaine.
Le système capitaliste qui est dans une crise sans précédent a un impérieux besoin d’entrer dans une nouvelle phase de son développement pour asseoir et pérenniser sa domination sur le monde. Il a besoin de changer la société !! En s’attaquant à tout ce qu’il considère comme un verrou pour répondre à ses exigences de profits.
Avec Nicolas Sarkozy et les dirigeants Européens il a des ambassadeurs de poids !
Mais voilà ! La contestation du système prend une telle dimension, que les exigences revendicatives du mouvement social posent de vraies questions politiques dont la gauche se doit de leurs donner une perspective dans l’alternative politique pour de réelles transformations sociales.
Les conditions sociales, dans un contexte de mobilisation qui non seulement ne faiblit pas, mais qui se renforce avec la participation de la jeunesse et l’élargissement du secteur privé notamment, permettent d’entrevoir la possibilité de faire reculer le pouvoir sur la réforme des retraites tout en s’inscrivant dans des changements plus profonds.
Si toute la gauche politique se retrouve dans les manifestations « pour une autre réforme », le contenu de celle-ci n’est pas du tout de même nature selon les organisations.
Avec un PS à plusieurs voix, il devient compliquer pour lui de se démarquer réellement de la droite sur le fond !
Les propositions qu’il formule pour l’instant restent dans un cadre étriqué, balisé par les marchés financiers, le pacte de stabilité, les traités Européens.
Elles se différencient de celles de la droite car elles apparaissent moins brutales dans leurs applications.
Mais au bout du compte c’est le travail au travers des salariés et de leurs familles, des retraités et des jeunes, qui risquent de payer l’addition.
Au bout du compte, si les propositions du parti socialiste, comme celles d’Europe Ecologie, restent sociales – libérales, les conditions d’une réelle réforme alternative seraient rendues plus difficiles, et le système par répartition serait mis à mal, car accouplé par de la capitalisation ou de la fiscalité comme la CSG.
S’appuyer sur les richesses créées par le fruit du travail est une dimension incontournable d’une réforme de progrès social pour financer les solidarités (protection sociale, santé retraite, vieillesse) dans le cadre de la répartition.
C’est la seule façon de doper la croissance par la consommation intérieure en plaçant l’emploi, les salaires, la formation au cœur du système économique pour un développement durable.
La question est bien de revenir à un rapport de financement capital / travail qui corresponde aux réalités et enjeux d’aujourd’hui.
Ne pas s’engager dans cette direction aurait des retombées très importantes pour les salariés, leurs familles et les populations, car les solutions proposées pour une autre réforme tourneraient autour de :
Dans tous les cas ce seraient l’accompagnement de choix politiques libéraux qui donneraient de nouveaux gages au grand capital.
Pour une politique alternative à gauche, si le retrait de la réforme Sarkozy est indispensable pour en réécrire une autre!
Il faut aussi incontournable d’abroger les lois Balladur de 93, Fillon de 2003 et 2008, et les mesures Rocard ( CSG en 90).
Ce sont les bases « d’une autre réforme » que la gauche pourrait porter !
Liant résistance au capitalisme et construction ensemble.
Le moment actuel de la crise systémique du capitalisme nous invite à être plus audacieux et cohérent que jamais pour créer des rapports des forces permettant d’engager de nouvelles règles de gestion, remettant en cause celles de l’argent pour l’argent.
Il ne peut pas y avoir d’alternative de gauche crédible si l’on ne travaille pas les réponses immédiates et le changement de société dans un même mouvement populaire.
Il ne peut pas y avoir d’alternative de gauche crédible si l’on ne s’affronte pas aux logiques capitalistes, aux marchés, aux banques, aux actionnaires etc…
Pour battre Sarkozy, maintenant dans la rue, et demain dans les urnes il faut un grand mouvement conscient sur les contenus alternatifs à faire prévaloir.
Le renforcement massif du Parti Communiste Français est un élément important pour créer les conditions de rassemblement sur des contenus réellement anticapitaliste et engager la construction d’une alternative à la politique de la droite
Une alternative à gauche est possible ! Je suis tout à fait disposé à confronter les projets dans un débat public.