Après deux ans de retard, un nouveau Contrat de Plan va enfin être signé entre l’Etat et la Région.
Difficilement comparable au précédent, ce CPER, par les engagements budgétaires et les priorités qu’il se fixe, ne répond que partiellement à l’urgence économique et sociale à laquelle doivent faire face les habitants de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Il s’est surtout construit sans la concertation citoyenne nécessaire à sa pertinence et à son utilité réelle, sous le prisme unique de l’austérité qui tient lieu d’idéologie indépassable au plus haut sommet de l’Etat.
Cependant, parce que la Région et les autres collectivités garantissent encore un niveau d’investissement public important sur nos territoires, nous y avons apporté notre approbation, non sans dénoncer une nouvelle fois l’indigence à laquelle nous contraint l’Etat par son empressement à répondre aux exigences des marchés à défaut de répondre à celles de la population.
Pour le gouvernement en effet, ce cycle de contractualisation, parce qu’il fait encore peser sur les collectivités le poids de ses renoncements, est un bel exemple de rigueur qu’il convient de valoriser.
Pour l’occasion le Premier Ministre, Manuel Valls, se rend à Marseille et nous honore de sa présence pour la signature officielle.
Prendra-t-il enfin le temps d’échanger avec les élus locaux sur les problématiques auxquelles ils sont confrontés ? Oui, mais le temps d’un repas, et en cercle restreint.
Curieuse conception de l’échange politique, qui ne laissera guère de place pour parler de ce que vivent les citoyens, les agents de notre collectivité, les retraités, les parents d’élèves ou les chômeurs qui s’enfoncent inexorablement dans la précarité voire dans une très grande pauvreté.
Nous voulions avoir le temps d’échanger avec le Premier Ministre sur la multiplication des plans sociaux dans notre Région, sur le cas des salariés de Nexcis ou ceux de la SNCM, sur la croissance continue du chômage en PACA ou le maintien du gel du point d’indice des fonctionnaires.
Nous voulions débattre avec lui des conséquences désastreuses de la loi NOTRe, du déni démocratique que constitue la mise en place à marche forcée des métropoles.
Nous voulions enfin réclamer le respect dû aux collectivités et à leurs majorités élues par la fin des cures d’austérité imposées à coups de baisses des dotations et la concrétisation de la grande réforme fiscale pourtant annoncée.
En lieu et place nous est proposé un déjeuner et une jolie photo.
Ce n’est pas ce qui anime notre action.
Nous déclinons donc cette invitation et engageons le Premier Ministre à venir échanger autour des questions de l’emploi, de l’avenir des collectivités et des services publics avec les élus locaux, les salariés en lutte et les agents de la fonction publique territoriale.