Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Massifs forestiers - Martine Carriol

Intervention Martine Carriol

Rapport 30

 

 

Les massifs forestiers méditerranéens sont ravagés par les feux depuis des siècles. Dans un de ses premiers romans, Jean Giono a magnifiquement décrit la force monstrueuse du feu dans les collines de Manosque. C’était une fiction située à la fin des années 20. Depuis Manosque et beaucoup d’autres communes de notre région ont connu de gros incendies bien réels causant des dégâts considérables et mêmes des tragédies.

 

A l’arrivée de l’été l’inquiétude grandit. Pourtant la saison, les imprudences, les pyromanes, ne sont pas les seuls responsables.

Bien souvent la vulnérabilité des massifs forestiers découle des problèmes de la ruralité. Depuis la 2ème moitié du XXème siècle les petites propriétés agricoles disparaissent et avec elles l’entretien des espaces forestiers grâce à l’élevage et à la culture de parcelles aujourd’hui jugées non rentables. La nature reprend ses droits de manière anarchique.

Par ailleurs les constructions dans des zones boisées multiplient les risques, les soldats du feu ont pour priorité de protéger les maisons et de ce fait le feu parcourt encore plus vite les zones non habitées. Cela a été le cas en 2005 à Manosque près de la Maison de la biodiversité.  Cinq cents hectares sont partis en fumée.

 

Donc si notre groupe Front de Gauche est très favorable à la délibération présentée pour la protection et la valorisation des massifs forestiers, nous tenons à souligner la responsabilité des politiques agricoles menées depuis des décennies, au niveau européen et national. Ces choix ont vidé les espaces ruraux de leurs petits paysans et favoriser la concentration des exploitations, ces dernières délaissent les espaces à faible rentabilité. Par exemple la montagne de Lure comprenait de vastes prairies aujourd’hui recouvertes d’une végétation inextricable et l’on rencontre plus de bergeries en ruine ou de résidences secondaires que de fermes actives.

Nous pointons aussi la responsabilité du gouvernement actuel qui malmène l’ONF au nom du dogme libéral qui prône la réduction des emplois publics. Aujourd’hui il faut 3 départs à la retraite pour obtenir un poste. Les employés de l’ONF ont besoin de travailler sur la perspective d’1 siècle, or on leur impose de ne considérer que le présent.

 

La situation des massifs forestiers dans ces conditions ne pourra que s’aggraver malgré notre délibération aussi louable soit-elle.

Les pires ennemis des espaces naturels sont les logiques capitalistes qui s’appliquent directement ou indirectement et qui font des incendies une menace  encore plus probable que par le passé.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article