« Nous devons répondre aux inquiétudes des citoyens qui vivent à l’écart des centres les plus dynamiques et qui redoutent d’être délaissés par l’Etat… ». « ….garantir le respect de la loi et protéger les citoyens en leur permettant d’avoir accès aux services publics où qu’ils se trouvent. ». « Cette grande réforme……repose sur les valeurs qui doivent nous rassembler : le souci constant de la démocratie, de la solidarité et de l’efficacité ».
Voici les propos tenus par le Président de la République pour justifier une réforme territoriale dont le seul but est une fois encore de faire des économies sur le dos des collectivités.
Alors regardons concrètement ce qui se passe :
Les citoyens délaissés par l’Etat : ils sont des millions en France, relégués en marge de la société de consommation, exclus du travail, des études ou de l’accès à un logement décent, et toute la politique mise en œuvre par le gouvernement contribue à les y laisser.
Permettre à tous les citoyens d’accéder aux services publics : en fermant les hôpitaux, les bureaux de postes, en réduisant le nombre de fonctionnaires ?
Sur la solidarité et l’efficacité, avec 11 milliards d’euros en moins dès cette année aux collectivités locales, celles-ci devront faire preuve de beaucoup d’imagination….
Enfin, le souci constant de la démocratie ? Cette réforme est annoncée sans aucune concertation avec les populations et contre l’avis même des élu-e-s qui sont mobilisés depuis 2010 contre la Métropole Marseillaise.
Le gouvernement aurait-il peur de l’expression citoyenne au point de refuser un référendum ?
Référendum qui pourrait permettre un large débat et une réelle implication des Français-es sur un sujet aussi important que notre organisation territoriale (il est vrai que depuis le référendum sur l’Europe en 2005, on sait à quoi s’en tenir sur le respect de l’avis des citoyen-nes…).
« La seule solution est d’en appeler au peuple », avait déclaré le Président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur Michel Vauzelle en 2009 à propos de la réforme des collectivités, qui remettait « en cause un modèle de société, une certaine idée de la République » ;au nom de la démocratie et de la République cette exigence est toujours d’actualité.
Il faut ensemble, mouvement associatif, organisations syndicales, agents du service public, populations, élu-e-s exiger l’organisation d’un référendum sur ce sujet.
Nathalie Lefebvre
Vice-présidente du Conseil Régional PACA déléguée aux services publics et à la démocratie de proximité