Monsieur le Président, chers collègues,
La délibération sur laquelle nous sommes appelés à nous prononcer concerne la composition du Conseil Supérieur régional de la recherche et de la valorisation. Il s’agit d’une des instances de concertation que la région met en place, dans une démarche démocratique que nous souhaitons voir approfondie, vivifiée, et dans le domaine de la recherche pour laquelle notre région mène une politique volontaire très importante pour son exercice, son développement, parfois son maintien.
Sans m’y attarder, je voudrais en effet faire entendre dans cette enceinte à quel point la situation de la recherche scientifique publique est rendue difficile aujourd’hui par la politique ministérielle de casse du service public de la recherche, grands organismes de recherche et universités.En même temps qu’ils subissent la soumission de la recherche à des impératifs économiques , quand ce n’est financiers, la restriction de la liberté scientifique, la menace qui pèse sur la recherche fondamentale et des pa,s entiers de la recherche notamment en sciances humaines, les chercheurs et enseignants-chercheurs se voient également obligés de consacrer une bien trop grande part de leur temps à la recherche ... de financements, et non à celle de nouvelles connaissances, pourtant si nécessaires à nos sociétés humaines.
Il est donc essentiel que la Région contribue au financement de la recherche publique, dans le cadre de ses orientations.
Le collectif qui nous occupe, dit « collectif Andromède », est un outil nécessaire à la mise en œuvre de cette politique.
Composé pour une part de 20 membres « représentatifs des milieux universitaire, scientifique et industriel », les personnalités pressenties aujourd’hui ne recueillent que notre approbation.
Mais, si le rôle d'expertise scientifique de ce collectif (identification d’experts extérieurs, analyse de dossiers, participation à différents jurys et comités de sélection ...) justifie tout à fait que soient désignés des personnalités "reconnues par leurs pairs", pour la qualité et la notoriété de leurs travaux, son autre mission - prospective et concertation - appellerait que soient représentés en son sein les organisations représentatives des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche ( enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants, personnels ...) par leurs syndicats et associations et les élus de leurs institutions. Relevons d’ailleurs que l’excellence scientifique et l’engagement démocratique dans l’institution vont souvent de pair !
La Région devrait d'autant plus y veiller que toutes les réformes ministérielles de la recherche et des universités instaurent des "gouvernances" concentrées, peu démocratiques, mettant à l'écart les élus au profit de personnes désignées, au mépris de la collégialité et de la gestion démocratique pourtant au fondement du fonctionnement des institutions d'enseignement supérieur et de recherche. Et je suis obligée de constater que les statuts de la future université unique, qui viennent d’être adoptés comme vient de nous l’annoncer Monsieur Morel, n’échappent pas à ce travers - une analyse intersyndicale a été portée devant les conseils universitaires à ce sujet. Et cela constitue une autre raison d’inquiétude et de mécontentement des universitaires et des chercheurs.
Dans cette perspective, ce collectif pourrait comporter deux collèges, afin d’assurer ses missions dans le respect des exigences tant démocratiques que scientifiques, en s’appliquant de surcroit les mesures permettant d’éviter les conflits d’intérêt.
La proposition du Front de Gauche d'une "conférence régionale de la recherche" rejoint cette exigence de représentativité et de démocratie des instances de concertation mises en place par la région.
Ces réserves émises, notre groupe votera toutefois pour ce rapport.
En réponse à cette intervention, Monsieur Morel, délégué à l’enseignement supérieur et la recherche, a indiqué que, s’il n’était pas possible de modifier les statuts du Conseil Supérieur régional de la recherche et de la valorisation à l’occasion du renouvellement de ses membres, par contre, pour l’exercice de sa mission de prospective et concertation, les représentants des syndicats et associations de l’enseignement supérieur et la recherche seraient associés, ce qui constitue, selon ses propres termes, une première.
Cet engagement est en effet une avancée démocratique notable.