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Intervention A.Hayot Agir + 22/10/2010

Le Front de Gauche se félicite que la majorité régionale ait pris la décision lors du mandat précédent de lancer le programme Agir et aujourd’hui de le renforcer avec Agir Plus afin de participer à la lutte contre le réchauffement climatique et d’apporter notre contribution à un combat nécessaire qui est selon nous, inséparablement, social et écologique.

Quoiqu’en pensent certains esprits murés dans leur certitude scientiste d’un autre âge, la prise de conscience est quasi générale chez les scientifiques comme dans les populations de l’urgence à affronter les effets sociaux et environnementaux de la crise climatique.

Pour la première fois dans notre histoire, l’activité humaine, sous les effets conjugués d’un productivisme aveugle et d’une course au profit sans limites, provoque un bouleversement climatique, des catastrophes naturelles en chaine, la déstabilisation des écosystèmes et la disparition d’espèces animales et végétales.

A terme, si nous n’agissons pas, c’est l’espèce humaine elle-même qui est menacé. En premier lieu évidemment, ce sont les populations les plus pauvres, les plus défavorisés qui subissent le plus durement dès aujourd’hui les effets du changement climatique. Les experts évaluent à 50 millions le nombre de ce que l’on nomme désormais les migrants climatique, (ceux qui subissent la désertification, la hausse du niveau des eaux ou l’épuisement des ressources naturelles) et prévoient qu’ils seront 200 millions en 2050.

 

Mais les plus atteints ne vivent pas seulement dans le Sud. Ne nous rassurons pas à bon compte : c’est en France que les habitants des logements sociaux ne pourront bientôt plus payer leur facture énergétique si la puissance publique ne se donne pas les moyens d’une réhabilitation thermique du parc HLM ; c’est en France après la tempête Xynthia que des familles ont perdu la maison de leur retraite.

C’est aux Etats-Unis que les inondations ont jeté à la rue des dizaines de milliers d’habitants de la Nouvelle Orléans et que la région voisine, le Bayou, un des plus beau site naturel au monde, a été gravement pollué, sans doute de manière irréversible, par le productivisme aveugle et la passion exclusive du profit du géant pétrolier BP.

Les catastrophes de ce genre s’accumulent et conduisent de plus en plus d’observateurs à considérer que les temps courts du profit sont désormais incompatibles avec les temps longs des écosystèmes. Ils sont également un obstacle à la satisfaction des besoins et des aspirations des quelques milliards d’individus, bientôt 8 qui peuplent notre planète.

Le capitalisme fonctionne désormais comme un producteur d’immense gâchis, un pollueur de notre environnement, un gaspilleur de ressources et d’énergie de la même façon qu’il est, mais nous le savions déjà, un fabricant d’inégalités et d’exclusions sociales.

C’est pourquoi, nous partageons l’opinion de Nicolas Hulot qui dans son dernier ouvrage démontre l’incompatibilité entre ce système et une réponse durable et solidaire à la crise écologique.

Le capitalisme vert est un oxymore dont la contradiction interne a éclaté lors de l’échec du sommet de Copenhague durant lequel Hugo Chavez a pu dire : « si le climat avait été une banque vous l’auriez déjà sauvé ».

Répondre à l’urgence écologique, répondre aux aspirations de tous à vivre dans une planète propre et respirable, dans un monde solidaire garantissant à chaque être humain l’accès aux droits sociaux et culturels, ainsi qu’aux ressources naturelles, suppose de construire une société citoyenne, une société de partage et de mise en commun où l’humain prend la place centrale qu’occupe actuellement la rentabilité financière. ; une société où l’environnement, la santé, la culture et l’éducation sont des biens communs de l’humanité, des services publics.

C’est pourquoi, nous sommes convaincu au Front de Gauche que le Grenelle de l’environnement ne sera réellement mis en œuvre que si nous réhabilitons l’action publique de l’Etat et des collectivités territoriales, contre le démantèlement actuel et qui si nous redonnons aux services publics les missions et les moyens de cette ambition contre les privatisations actuelles.

Agir Plus a notre soutien parce que ce programme anticipe sur ce que doit être et ce que sera demain la volonté générale de notre République.

 

 

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