Monsieur le Président,
Chers collègues,
Le groupe Front de gauche approuve bien évidemment que notre Région se positionne et délibère contre les dérives et contre les pratiques spéculatives du système financier international.
Il y a ceux qui agissent comme c’est le cas de notre majorité et ceux qui communiquent : « Moraliser le capitalisme », avait-dit le président de la République dans un discours quasi-guevariste.
Quelle mauvaise blague ! Et surtout quel donneur de leçon alors que lui, son gouvernement, sa majorité et ses amis milliardaires sont l’incarnation vivante de ce système devant lequel ils feignent de s’offusquer. Eux qui sont si mal placés pour parler de morale.
Chaque semaine apporte une nouvelle affaire, en ce moment c’est le cas avec le Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction Publique, M. WOERTH, ancien Ministre du Budget et Mme Liliane BETTENCOURT, première fortune de France.
Comment ne pas constater une dégradation rapide du climat politique. L’argent est partout et impose sa seule valeur comme règle de notre société.
La vie économique bien sûr, mais aussi le sport, comme le montre l’épisode désastreux du mondial
Avec la crise bancaire internationale puis celle des déficits publics des Etats de l’Union européenne, la question d’une autre utilisation de l’argent est devenue un enjeu de civilisation.
Les deux millions d’hommes et des femmes qui se sont mobilisés, jeudi dernier, pour refuser le mensonge d’Etat déguisé en projet de réforme des retraites, posent eux aussi la question d’une meilleure répartition des richesses.
Et ces manifestants et grévistes ne sont ni une frange isolée, ni des contestataires professionnels. Ils font partie de la majorité de la population française qui rejette cette contre-réforme et toutes les régressions mises en œuvre par ce gouvernement et hélas les précédents.
Lors de sa séance plénière du 23 juin, le CESR nous a invités, je cite : « à maintenir toutes les dispositions nécessaires pour inciter le secteur bancaire régional à faciliter l’accord de prêts aux entreprises, notamment les PME, PMI et le secteur de l’économie sociale ».
C’est ce qu’a porté le Front de gauche pendant toute la campagne des régionales, en pointant le rôle que l’on est en droit d’attendre des banques, à savoir :
On voit bien aujourd’hui que la plupart d’entre elles privilégient la spéculation financière, et tout cela avec notre argent
Alors prenons les devant, faisons preuve d’audace et intervenons auprès des établissements bancaires de la Région pour les mettre au service des PMI et PME, des habitantes et habitants de Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Elles doivent l’utiliser pour répondre aux besoins de celles et ceux qui font vivre et prospérer notre Région, le prêter à des conditions préférentielles, avec comme seul critère, l’intérêt général.
Je profite de cette délibération pour dire que l’annonce faite par le Président de la République de tenir les Sommets du G 8 et du G 20 à Nice et Cannes en 2011, est une insulte et une provocation envers les femmes et les hommes de notre Région qui souffrent de sa politique antisociale.
PACA n’est pas Davos et vous pouvez compter sur nous pour organiser des contre Sommets comme véritable expression démocratique des attentes sociales