Avec cette délibération, la Région poursuit son action en faveur des énergies renouvelables. Nous nous félicitons d’une telle position.
Cependant, permettez-moi quelques remarques.
Cette décision tout intéressante qu’elle soit met véritablement en exergue la nécessité d’avoir une réflexion cohérente sur l’ensemble du territoire.
Les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables ne peuvent être pensés qu’à grande échelle, et en dehors des marchés, alors que pour certains, c’est d’abord la notion de profits qui domine.
Cette situation nous amène à réfléchir à la création d’un pôle public de l’énergie, à la bataille pour un retour à un véritable service public de l’énergie garant d’un service de qualité, sécurisé, avec des personnels formés, permettant le développement de la recherche sur toutes les énergies afin de penser à l’évolution et aux besoins énergétiques de notre planète.
Le photovoltaïque est une source d’énergie parmi d’autres permettant la complémentarité énergétique. Mais peut-être serait-il souhaitable de réfléchir globalement à notre démarche pour faire preuve de cohérence jusqu’au bout. Je veux dire par là que faire de l’électricité écologique et économique implique aussi que nous soyons attentifs à la provenance des matériaux utilisés, à leur construction et à leur recyclage. Un peu comme la mise en place des circuits courts utilisés pour notre alimentation.
Or, on sait aujourd’hui que la chaine de fabrication des cellules photovoltaïques est à 80, voir 90 % asiatique et plus particulièrement chinoise, même si les tableaux sont assemblés en France. Au regard de la course effrénée au profit dans ces pays, on peut aisément imaginer les conditions de travail des salariés et avoir des doutes sur la qualité et la fiabilité des produits fournis.
Un exemple parmi d’autres : la seule entreprise locale qui maîtrisait toute la chaîne de fabrication a licencié 95 personnes début 2011, confrontée à une concurrence exacerbée en provenance des pays asiatiques.
Cet exemple démontre bien la nécessité d’envisager au plus vite un pôle public. Sans cela le développement des énergies renouvelables restera un vœu pieu, soutenu par quelques collectivités ici ou là sans aucune cohérence, avec comme seul objectif de faire de l’argent et d’être rentable.
A travers les outils dont elle dispose, la Région pourrait envisager la réalisation de filières d’apprentissage en fabrication et recyclage des prochaines générations de panneaux, basée sur les technologies dites « en couche mince ».
La question du recyclage me paraît capitale. En effet, il existe dans les panneaux plusieurs composés dangereux, tels le silicium ou le plomb, qui nécessitent une prise en charge particulière, donc des installations et des équipements particuliers. En 2008, un accord européen pour le recyclage a été signé par une trentaine de producteurs de panneaux.
Notre vigilance s’impose donc tout particulièrement.
Enfin, à son niveau de responsabilité, la Région doit être également vigilante pour ce qui concerne les matériaux utilisés et les panneaux que nous subventionnons.
Parce que cette délibération s’inscrit dans une action en faveur des énergies renouvelables, nous la voterons.
Seul le prononcé fait foi.