Les violences faites aux femmes demeurent une dramatique réalité – je ne rappelle pas les chiffres que nous livre le rapport qui nous est soumis, ils sont terribles. Et plus encore le constat que ce phénomène s’aggrave. Que la Région, avec l’adhésion à l’association « Elu-e-s contre les violences faites aux femmes », se dote d’un outil supplémentaire dans sa lutte contre les discriminations, nous nous en félicitons, bien entendu.
Nous partageons également la démarche qui l’associe à une politique globale de solidarités, sociales, familiales, professionnelles …
Mais cependant : « Notre société parle de la violence comme si elle était asexuée. Pourtant, l’insécurité dans l’espace public et la violence dans l’espace privé se partagent inégalement entre les sexes. Les femmes sont les principales victimes d’une violence physique, psychologique et symbolique encore trop souvent banalisée et passée sous silence. » (Je cite ici l’appel des concerné/e-s, texte inaugural de l’association)
Je ne reprends pas les diverses modalités d’action que mène cette association. Elles sont nombreuses, différenciées et toutes nécessaires. Mais je voudrais souligner l’importance, en ce domaine, de rendre visible, de faire sortir du silence les maltraitances subies par les femmes, de les nommer comme telles. La peur, la culpabilisation, le repli sur soi, quand ce n’est le déni, sont des obstacles majeurs dans la lutte pour faire reculer ces violences, trop souvent vécues comme personnelles, relevant d’un cercle privé. En ce sens l’engagement d’élu-e-s, au-delà du rôle concret que leur donnent leurs différents mandats, peut aider à montrer le caractère sociétal de problèmes qui trouvent une part au moins de leur origine dans des modes d’organisation sociale, familiale, mais aussi du monde du travail, ancrés depuis longtemps dans des représentations qui façonnent les individus jusqu’au plus intime de leurs comportements.
Je cite encore : « Les violences faites aux femmes ne relèvent pas d’un privé intouchable. Il s’agit de faits sociaux qui, du viol à la lapidation, du harcèlement sexuel à la prostitution organisée, de l’insulte au mépris, des coups au meurtre, sont les signes répétés d’un pouvoir de domination auquel il faut mettre un terme. Nous disons que la violence, dite « privée », existe partout, dans les banlieues comme dans les beaux quartiers. C’est cette violence domestique qu’il convient de combattre car elle légitime toutes les autres violences. En structurant psychiquement les enfants spectateurs, elle construit des généalogies d’hommes violents et de femmes contraintes, elle pérennise l’idée que la force constitue la base et la légitimation de la domination. C’est en cela que cette violence est politique. »
C’est dire du coup que l’action publique, par l’éducation, la réflexion collective, la lutte contre les stéréotypes de genre, par sa dimension culturelle, peut influer sur l’évolution des personnes et contribuer à de bénéfiques prises de conscience.
L’adhésion de notre région à cette association, qui rassemble des élu-e-s, femmes et hommes et entend dépasser les clivages politiques, peut permettre à chacune et chacun d’entre nous, qui nous sentons concernés, de se mettre en situation certes d’action et de responsabilité, mais également, en amont peut-être mais tout aussi nécessairement, d’interrogation, d’écoute, de formation, - l’association propose des dispositifs pour cela -, en toute humilité, en toute humanité.
Le Front de Gauche votera ce rapport.
Seul le prononcé fait foi.