La décision unilatérale et brutale du premier ministre grec Antonis Samaras de fermer en quelques heures de temps l’ensemble du réseau de l’audiovisuel public suscite un légitime sentiment de profonde indignation en Grèce comme à l’étranger.
Ce jeudi est appelé en Grèce une grève générale de protestation. La résistance s’organise par l’occupation des locaux par les salariés d’ERT qui poursuivent la diffusion des programmes sur les médias alternatifs du net. Même des partis membres de la coalition gouvernementale, à l’image du PASOK, se sont démarqués de cette décision. Il est particulièrement lourd de sens que la seule formation à soutenir cette mesure, outre celle du premier ministre, soit le parti nazi Aube Dorée.
Cette mesure est révélatrice du désastre social et démocratique provoqué par des politiques d’austérité, ordonnées par la Troïka et mises en œuvre par le gouvernement de coalition, dont la brutalité dépasse l’entendement. Brutalité sociale : les 2600 employés d’ERT sont mis à pied. Brutalité policière : c’est sous le coup d’une intervention policière que les émissions ont cessé hier. Brutalité antidémocratique enfin. Sur le procédé, cette mesure est prise de manière unilatérale, par décret gouvernemental, ce qui devient une méthode de gouvernement en Grèce car c’est la 19eme fois depuis l’investiture du gouvernement il y a un an qu’une telle procédure d’exception est employée. Sur le fond, car cette mesure inédite liquide d’un trait de plume l’ensemble de l’audiovisuel public d’un pays. Cela représente 5 chaînes de télévision, 29 stations radios dans l’ensemble du pays, 3 ensembles musicaux, un magazine papier, un site Web d’informations ainsi que les archives audiovisuelles.
ERT fait partie du patrimoine public. Sa fermeture signifie la mise à mort d’une information indépendante des groupes capitalistes qui tirent profit du démantèlement des services publics grecs. Elle intervient alors que Samaras donne de plus en plus de gages à l’aile autoritaire voire fasciste de la droite et de l’extrême-droite grecque. Ce qui fait dire à certains que le nouvel organisme « public » promis par le premier ministre ne sera qu’une réplique de YENED, la chaîne de l’armée durant la dictature des colonels.
Cette mesure est aussi une punition. Les salariés de l’ERT se sont signalés comme des acteurs résolus des mouvements sociaux.
Cette décision intervient alors que même le FMI reconnaît désormais que le plan de « sauvetage » de 2010 fut inefficace et remet même en cause la structure de la Troïka !
Nous exprimons notre solidarité et son soutien aux luttes qui se développent contre cette mesure d’une violence antidémocratique inique.
Plus que jamais, il faut rompre avec les politiques d’austérité, rompre avec la politique de la Troïka. Cela passe par la constitution d’une majorité politique et d’un gouvernement sur les bases proposées par nos camarades de Syriza.