Une enquête de la Banque de France, réalisée auprès de 130 établissements de la région totalisant 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires, affirme que Provence-Alpes-Côte d’Azur est sur la voie de la reprise.
Dit comme cela, c’est vrai que cela ferait presque plaisir. En réalité, c’est un peu fort de café. Ou devrais-je dire de thé !
Puisque notre élite politique et financière veut nous faire croire que le pire est derrière nous, la tentative de meurtre prémédité sur Fralib, pourtant en bonne santé, serait un bien mauvais coup de pub dans cette photographie artificiellement optimiste.
Si reprise il y a, la banque centrale évoque sans doute celle du boursicotage et de la financiarisation de l’économie.
La situation est bien plus grave que ce que la communication institutionnelle tente de nous faire avaler. Et rien ne nous garantit que nous ne sommes pas à la veille d'un nouveau krach boursier, d'une nouvelle crise profonde en Europe, qui plus est avec l’euro a l'agonie.
Il est urgent que les banques aident les collectivités locales par des prêts à taux zéro. Ce ne serait que justice puisque ces mêmes collectivités contribuent à 73 % aux investissements publics dans une économie bien réelle, celle-là. Pendant que l'Etat, lui, cherche à les asphyxier par le gel des dotations, comme le confirme le projet de budget 2011.
Pour autant, le pessimisme ne doit pas être de mise. Les solutions existent. La plus indispensable autant que la plus efficace est une reforme juste de la fiscalité. La droite n'en veut pas, non par manque de courage politique mais par choix idéologique. Car la fiscalité actuelle permet d'engraisser les plus riches et les déjà privilégiés, les copains du Fouquet's, les Bettencourt et toute la cour.
Autant dire que la gauche à la Région se doit d'être courageuse pour deux et ne pas se soumettre au diktat de l'Etat.
L'heure n'est pas aux économies dans le budget 2011 de la Région mais à la mise en œuvre offensive du programme sur lequel la gauche a été élue au printemps dernier. Des mesures qui apportent des réponses aux besoins sociaux et contribuent à résorber les inégalités sociales.
Oui, il y a bien une reprise. C’est celle des hostilités et elle est prévue, dans la rue, le 12 octobre. C’est aussi celle de l’espoir, du courage et de l’alternative à gauche.