Ce n’est pas parce qu’on l’affuble du qualificatif social que la TVA ne reste pas l’impôt le plus injuste qu’il soit. Qui plus est, supérieur à certains autres pays européens. Loin de lutter contre les faiseurs de crise, le président de la République déterre une arme qui ne ferait que nous y enfoncer en peu plus, provoquant inévitablement un ralentissement de la consommation dans un pays où le pouvoir d’achat est déjà en berne.
Foutaise aussi que de prétexter d’agir contre les délocalisations pour alléger davantage encore les prélèvements des employeurs et augmenter ceux des ménages. S’acharner à vouloir baisser le coût du travail n’a jamais eu le moindre effet sur les délocalisations ou la création d’emplois. Ce projet est en revanche une attaque en profondeur contre le système de financement de notre protection sociale. La TVA antisociale symbolise parfaitement l’orientation générale de la politique menée par Nicolas Sarkozy, ce Robin des Bois à l'envers.
Les mesures anti-crise et anti-délocalisation efficaces vont dans un tout autre sens : interdiction des licenciements boursiers, droit de reprise des salariés en cas de délocalisation, visas sociaux et écologiques ou encore obligation de rembourser les aides publiques pour les entreprises qui délocalisent et, bien entendu, une incontournable réforme de la fiscalité juste et solidaire.
Cela demanderait évidemment aux libéraux de tous poils d’oser froisser les marchés financiers. Seuls le Front de Gauche, son candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon et ses candidats aux législatives, avec leur programme l’Humain d’abord, font preuve de ce courage.