Quand la vie privée prend le pas sur la vie publique
Pendant que Nicolas Sarkozy et l’UMP réunissent leurs trois à quatre cents « grands donateurs », dits du « Premier Cercle », pour les inviter à apporter leurs contributions au projet présidentiel, c'est-à-dire leur demander de lister les privilèges qu’ils escomptent en 2012, les salariés de Fralib, Netcacao, La Poste, la mutuelle, les usagers de l’hôpital public et des services publics en général ne rencontrent que mépris, austérité, et déboires.
Cette attitude du pouvoir pose au moins trois questions.
La première et fondamentale est celle du choix de société, Sarkozy et sa bande du Fouquet’s choisissent l’argent pour une minorité de profiteurs contre l’intérêt général, l’humain et l’environnement.
La seconde question concerne le fait que dans cette façon de gouverner, c’est le privé qui choisit, commande et décide en lieu et place du public, donc du politique. Nous en avons des exemples flagrants comme celui du projet de rénovation du stade vélodrome à Marseille où Bouygues décide et la majorité des élus est aux ordres.
La troisième question, pendante de la précédente, touche à la démocratie, l’intervention citoyenne et aux besoins sociaux qui sont bafoués, moqués, piétinés.
Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, ne pensaient certainement pas il y a à peine quelques semaines, qu’un vent d’indignation souffle suffisamment fort pour les destituer ou les déstabiliser.
C’est une leçon que devrait méditer Nicolas Sarkozy, qu’on ne peut pas qualifier de dictateur, mais qui par sa politique et sa pratique encourage la dictature de l’argent.
Aujourd’hui le « Résident » de la République, comme l’a si bien chanté Alain Bashung, est devant l’alternative suivante : poursuivre et risquer le même sort que ses collègues d’outre méditerranée, ou entendre ce qui gronde et agir avec un changement de cap. Non pas agir par de grands discours comme à Davos sur la régulation financière, mais agir en sommant les banques, comme la Société Générale, de jouer leur rôle vis-à-vis de Netcacao, d’exiger d’Unilever qu’il abandonne son plan de fermeture de Fralib sous peine de rembourser les cadeaux fiscaux évadés en Suisse, de demander au PDG de La Poste, au capital majoritairement public, de négocier en urgence les revendications posées depuis près de 4 mois.
Manifestement les élus politiques ne sont pas tous les mêmes, il en existe encore qui privilégient l’abnégation et l’intérêt général et mettent leur mandat au service des gens.
Les élus du Front de gauche sont fiers de faire partie de cette catégorie et invitent à faire souffler un mistral d’indignation contre toutes les dictatures.