Dans mon article de septembre je faisais part de mon inquiétude sur la faiblesse des mesures en faveur du changement prises par le nouveau gouvernement. Malheureusement je ne peux que confirmer mon pessimisme deux mois plus tard.
L’adoption anti-démocratique du traité européen, le reniement des engagements de campagne à ce sujet de la part de François Hollande, sont signes de renoncement.
La prise en compte du rapport Gallois est une étape supplémentaire, une capitulation face aux exigences du grand patronat, face à l’idéologie libérale. Je comparerais cette reculade à celle d’une armée de couards battant en retraite.
Certes le Front de Gauche était sceptique sur la politique défendue par Hollande et ses amis pendant la campagne électorale, c’est ce qui explique notre refus de participer au gouvernement. Moi même entre les deux tours des législatives, en accord avec mon équipe de campagne, je me suis limitée à appeler à battre la droite sans me désister explicitement pour le candidat socialiste.
Ces positions n’ont pas toujours été comprises mais nous avions raison de ne pas signer de chèque en blanc au PS.
Cela étant dit que fait-on à présent ?
J’espère qu’il existe encore des socialistes et des écologistes attachés à une politique de gauche et prêts à combattre la dérive droitière du gouvernement.
J’espère que les syndicats et les salariés qu’ils influencent vont se mobiliser pour condamner les choix du Pouvoir. Le 14 novembre sera une étape importante pour l’expression du mécontentement.
J’espère que les citoyens ne s’éloigneront pas davantage de la politique en se disant que droite et gauche c’est pareil, mettant toute la gauche dans le même sac.
J’espère de toutes mes forces qu’ils ne se laisseront pas abuser par les discours populistes et les gesticulations éhontées du FN. Ainsi la présence d’un de leurs représentants sur la tombe du Général De Gaulle pour l’anniversaire de son décès est une manœuvre scandaleuse.
On pourrait penser qu’avec toutes mes espérances je n’ai plus qu’à me rendre à l’église et à faire brûler un cierge. Pas de chance je n’ai pas la foi.
En revanche j’ai confiance dans la capacité du peuple de France à relever la tête dans les moments où ses valeurs sont bafouées.
Actuellement l’idéologie dominante est prisonnière du libéralisme ; partis de droite, gauche sociale-libérale, relayés par les médias l’ont imposée aux esprits. Mais les réalités, comme les dessins, sont plus parlantes que les longs discours. La politique d’austérité gouvernementale qui va aussi se décliner dans les collectivités territoriales augmentera les difficultés des gens.
Nous ne sommes pas aux Etats Unis où les Américains n’ont le choix qu’entre une politique libérale républicaine et une politique libérale démocrate. Une gauche combative, anti-libérale, existe chez nous, et elle est ancrée dans notre histoire.
Le Front de Gauche en est aujourd’hui sa représentation principale, il a donc un rôle déterminant pour cultiver l’espoir dans l’action. Les propositions que nous avons défendues aux élections présidentielle et législative étaient et restent justes, réalistes et nécessaires.
Il ne s’agit pas de travailler à un rassemblement de déçus, les désillusions n’engendrent rien de bon mais nous devons nous atteler à la construction d’un rassemblement de résistants convaincus que l’on n’est pas obligés d’accepter la récession et qu’une société meilleure, plaçant l’humain d’abord, est possible.