Mourir de froid en 2010... Précariat et révolution citoyenne !
Avec l’arrivée des premiers frimas de novembre, les gouvernements, relayés activement par tous les médias, annoncent la mise en place des divers plans « grand froid » visant à répondre, chaque année, à l’hébergement d’urgence des sans-domicile fixe, grands précaires du logement… Et chaque année, les médiacrates nous décomptent, dans un mode compassionnel compassé, les morts sur nos trottoirs pour cause de grand froid et de température inférieure aux normales saisonnières… Pour autant, ces mêmes relais d’informations oublient de préciser que dans notre région, par exemple, les morts dans la rue sont plus nombreux en été qu’en hiver…
Aussi, il est indispensable, primordial, incontournable de rappeler que personne ne meurt à cause du froid, sinon nous serions, vous et moi, confrontés à cette possibilité ; ces personnes meurent du fait de leur grande précarité, de leur extrême misère qui ne leur permet plus de disposer simplement d’un toit pour s’abriter et se réchauffer… Et si ces situations relevaient il y a encore 20 ans, de la grande marginalité, elles sont aujourd’hui légion, pour nombre de personne sans emploi ou bien même salariées…
Un exemple de plus du développement du précariat dans notre pays. Le précariat n’est pas la grande pauvreté, il dénomme la catégorie sociale des gens qui subissent la précarité comme un destin social durable et non comme un « entre deux » provisoire. La précarité est devenue un rapport social global. Elle ne concerne pas seulement le type de contrat de travail, comme certains voudraient la voir réduire, mais tous les aspects de la vie qui pour finir en dépendent : logement, accès au ressources essentielles comme l’eau et l’énergie, et ainsi de suite. Le précariat s’étend dans la société mais également dans la vie de ceux qui le subissent en précarisant petit à petit tous les aspects de leur vie personnelle et même intime…
Le précariat est une catégorie transversale. Il relie et parfois dissout en son sein toutes les catégories du salariat. Il implique aussi bien les ouvriers que les cadres supérieurs. Il fédère par les caractéristiques de mode de vie qu’il confère. La précarité n’est certainement pas un fait nouveau. Elle mine la société depuis de nombreuses années. Ce qui importe dorénavant c’est d’accepter de penser comme un fait politique ce qu’elle produit dans le rapport de force entre l’ordre établi et la volonté de le renverser. Non seulement du point de vue des obstacles que la peur du lendemain soulève mais en point d’appui pour entrainer ceux qu’elle dévore dans le projet de la révolution citoyenne que nous portons.