NE LAISSONS PAS LES MARCHÉS DÉCIDER DE NOTRE DESTIN
Les agences de notations distribuent des bons et mauvais points aux États et font ainsi la loi sur la planète finance.
Elles sont les mercenaires des marchés et travaillent pour eux à faire payer la crise aux peuples.
Les banques pénalisent les États « mal notés » par des taux d'intérêts prohibitifs.
En donnant du crédit à ces agences de notations, les États se rendent complices de ce système qui fait la part belle aux spéculateurs.
Les agences de notation s’invitent dans les campagnes électorales !
C'est au tour de la France de trembler devant elles, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Notre destin se jouera dans les dix jours ». Le Président, complice des marchés financiers, use de son ton tragique pour acter la fatalité des mesures d'austérité qu'il veut mettre en place.
Le problème est que Nicolas Sarkozy a préféré faire des cadeaux aux plus riches, avec son célèbre paquet fiscal il a fait le choix d'aider les puissants.
Résultat, de cadeaux fiscaux en plans de sauvetage des banques, en passant par le paiement des intérêts, la dette publique a explosé.
Maintenant il veut que le peuple sacrifié, piétiné par les politiques néolibérales, paie la crise.
La vérité est belle et bien là. Derrière le chantage des agences de notation, il y a la dictature des plus puissants. Moody's, c'est le bourreau qui s'exécute sur demande des marches financiers, des spéculateurs et des actionnaires. Et pour quel résultat, sinon l'enfoncement dans la crise ?
Au nom de quoi ces agences de notation décrètent droit de vie ou de mort sur des pays, sur des peuples?
Le chantage ignoble fait à la Grèce pour accepter au final de renforcer l’austérité est significatif de la peur qu’ont les marchés financiers de la démocratie et donc de l’expression des peuples.
Or la sortie de la crise ne se fera pas sans les peuples et encore moins contre eux.
Le succès de la participation aux primaires socialistes montre qu’un nouvel espace citoyen et démocratique est ouvert en France.
Les suffrages qui se sont portés au premier tour sur Arnaud Montebourg, montre que dans le peuple de gauche, nombreux sont celles et ceux qui aspirent à de profondes transformations de la société.
Etre à la hauteur des attentes et des enjeux de la période, c’est aider à ouvrir des perspectives nouvelles dans l’alternative à gauche, permettant l’intervention sociale et citoyenne.
Le combat est frontal avec le pouvoir au service des marchés financiers, mais la bataille idéologique est aussi rude à gauche et plus que jamais le débat public est indispensable pour aider les citoyens à se forger leur propre opinion et porter leurs exigences de transformations.
L’actualité montre que l’Europe, la planète sont à un tournant de leur histoire !
Il n’y aura pas de transformations de l’Europe sans une modification en profondeur du rôle de la BCE, qui lui interdit aujourd’hui de prêter de l’argent directement aux Etats, sans sortir des carcans des traités européens et du pacte de stabilité.
La construction d’un pôle public financier est bien à l’ordre du jour au service du développement de l’activité productive, de l’emploi, de la formation, des droits sociaux et citoyens.
C’est d’autant plus nécessaire qu’est posé le financement des collectivités locales pour renforcer les politiques publiques, développer l’emploi, renforcer les solidarités dans une cohérence nationale s’appuyant sur les spécificités locales.
Les 21 régions gérées par la gauche peuvent ensemble être porteuses de véritable novation dans la gestion et les choix politiques qui en découlent.
C’est à chaque échelon que doivent se construire les changements sans attendre un éventuel grand soir, c’est donc maintenant, à l’occasion des débats sur les budgets régionaux, que les majorités de gauche ont la possibilité de mettre en grande difficulté la politique que Sarkozy impose aux collectivités locales.
Elles doivent exprimer leur refus de rajouter de l’austérité à l’austérité et engager un véritable bras de fer avec le pouvoir, mais aussi avec les banques qui ont la même attitude avec les collectivités qu’avec les Etat.
Elles ne doivent pas se laisser enfermer dans les diktats des agences de notations, Elles doivent développer leurs politiques publiques obligatoires et volontaristes pour répondre aux enjeux posés sur les territoires sans assumer les responsabilités qui sont celles de l’Etat.
Faire de la politique c’est s’extraire des questions purement de gestion, pour permettre l’intervention citoyenne qui sera capable de modifier le cadre dans lequel la gestion nous enferme.
Ne pas faire cela, serait répondre à la profonde exaspération qui existe dans le pays et à la volonté de changement par la préparation à l’alternance, alors que ce qui est posée sur le fond est de construire à gauche les conditions de l’alternative à partir du réel.
Car sur le fond la question qui se pose est de savoir si nous voulons être perçus comme de bons gestionnaires dans le carcan financier qui nous est imposé, ou si nous voulons permettre une véritable transformation sociale.