Quelques heures avant l’annonce par François Fillon des nouvelles mesures de rigueur, le journal Les Echos titrait : « l’exécutif veut rassurer les marchés sans provoquer la colère sociale ». Il est probable qu’il n’arrive ni à rassurer les marchés ni à éviter la colère sociale. Un conseiller de la Présidence de la République résumait ainsi : « La philosophie de ce plan est simplissime et correspond à ce que souhaitent le FMI et les agences de notation » La mesure la plus symbolique en ce sens est la décision de durcir l’application de la réforme des retraites qui en 2010 avait provoqué une mobilisation massive. Le passage de l’âge légal de 60 à 62 sera imposé plus tôt et cela touchera les salariés nés entre 1952 et 1956. C’est à dire que les salariés qui aujourd’hui ont entre 55 et 59 ans, et qui se préparaient à vivre leur retraite, viennent d’apprendre qu’ils devront rester plusieurs mois supplémentaires au travail. C’est une provocation cruelle de la part du gouvernement. Cela dans l’unique but de démontrer qu’il est déterminé à imposer coûte que coûte la rigueur au peuple pour satisfaire la finance.
Parmi les nombreuses mesures rendues publiques, le gouvernement a également annoncé une limitation de la revalorisation des prestations sociales et une hausse du taux TVA dans la restauration et le bâtiment de 5,5% à 7%, une limitation supplémentaire des dépenses de santé. La TVA reste aujourd’hui l’impôt le plus injuste qui est payé de la même façon par un salarié au SMIC ou par un banquier. Une contribution « exceptionnelle » sur les grandes entreprises va également être mise en place pour 2012. C’est là le sens de la justice dont se réclame Nicolas Sarkozy, pour les riches et les grandes entreprises, les contributions financières sont « exceptionnelles » et temporaires. Pour la population, c’est la routine et c’est prévu pour durer !
L’ensemble des mesures se chiffre à 7 milliards ce qui s‘ajoute au premier plan de rigueur de 11 milliards d’euros annoncé fin août. Mais il n’y a aucune garantie qu’en cas de rebond probable de la crise économique, de nouvelles mesures ne soient pas annoncées dans les prochains mois.
Face à la crise, les gouvernements font le choix de faire payer les peuples.
Il y a urgence à les mettre à les mettre en échec, dans la rue pour refuser que les peuples payent la crise, et dans les urnes pour imposer une autre politique qui ne soit pas soumise à la finance.