Relance industrielle en PACA, il y a urgence
La France est en récession.
Le capitalisme est incapable de répondre aux énormes besoins humains et aux défis environnementaux.
Le chômage ne cesse de progresser, il touche plus de 5 millions de personnes, particulièrement les jeunes.
La précarité explose, l’avenir semble assuré que pour les actionnaires des entreprises du CAC 40 et des banques.
Le recul de l’activité économique marque un nouveau tournant dans notre société.
Le système connait une crise profonde dont la sortie ne peut être entrevue que par un investissement massif dans la formation, l’emploi, les qualifications, pour une relance industrielle comme base du développement économique.
Si le recul de l’activité industrielle en PACA est moins important qu’au niveau national, son taux est tout de même nettement plus bas que la moyenne nationale.
Un déficit qui vient de loin !
Pendant des décennies, l’activité économique de notre région a été transformée et tournée vers des créneaux dits porteurs au gré des exigences de rentabilité.
Les chambres de commerce et d’industrie, le patronat dans les départements et en région l’ont façonnée et ont participé à la liquidation de pans entiers de notre industrie régionale.
Le tout tourisme, le commerce et les services aux entreprises et à la personne ont été au cœur de ce processus.
Les chantiers navals, les activités portuaires, les tanneries, la pétrochimie… ont été soit liquidés, soit fortement affaiblis avec des conséquences dramatiques pour des milliers de familles, pour le développement et l’aménagement des territoires.
Les politiques publiques ont tout au long de cette période accompagné ces transformations et portent comme le patronat une responsabilité majeure dans la situation actuelle.
Aujourd’hui, face au cataclysme économique, chacun s’accorde à dire l’importance de la relance industrielle, créatrice de richesses importantes, d’emplois directs et induits.
C’est absolument déterminant, mais l’incantation à elle seule ne permettra pas revenir à une situation de développement industriel.
Il s’agit donc de prendre des mesures concrètes qui permettraient de mobiliser l’ensemble des acteurs et de lever les financements nécessaires.
C’est le rôle particulier que doivent jouer les politiques publiques !
A contrario, dans un contexte d’enfoncement dans la crise, de récession économique, l’austérité n’est pas la solution, c’est le problème !
En Europe, ce sont les politiques d’austérité qui mènent les pays au cahot et les peuples à la famine.
Et si la Commission Européenne n’a pas à dicter au gouvernement la politique à mener, comme l’a déclaré François Hollande, il faut être conséquent en refusant ses recommandations sur les contreparties austéritaires du soi-disant "sursis" accordé à notre pays pour réduire les déficits et la dette.
Après l’ANI le programme est clair : nouvelle réforme des retraites et de l'assurance chômage, attaques contre le SMIC, déremboursement de médicaments, déréglementation des prix du gaz et de l'électricité, privatisation du rail, augmentation de la TVA, réduction du service public dans les collectivités..., ce sera le programme du gouvernement s'il choisit de s'y plier.
Il faut donc au contraire des politiques publiques volontaristes à l’initiative pour mettre en synergie l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.
Il faut dégager des fonds régionaux pour l’emploi, la formation et la relance industrielle.
Il faut mobiliser les banques, qui détiennent l’argent des familles, qui doivent être au cœur du processus de relance.
Il faut un crédit sélectif qui permette au PME PMI TPE d’avoir de la trésorerie, de faire des investissements utiles, de développer l’emploi.
Il faut développer la démocratie sociale de territoire avec des pouvoirs nouveaux pour les salariés et les citoyens. De ce point de vue la région pourrait être un précurseur en la matière !
Avec les trois ports Marseille, Toulon et Nice, avec les atouts industriels existant, et la forte implication des services publics et des activités de défense, la région PACA doit pouvoir retrouver une assise industrielle importante.
Pour cela, l’intervention démocratique, sociale et citoyenne, est absolument déterminante pour ne pas laisser l’avenir de la région dans les mains de ceux qui organisaient hier les friches industrielles et ont paupérisé la population.
Oui une alternative à l’austérité est possible ! Il faut pour cela avoir le courage d’affronter la finance et les actionnaires.