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Situation des Kem One - Intervention de Gérard Piel

Conférence de presse des élus des groupes Front de Gauche  des Régions PACA et Rhône-Alpes sur la situation de Kem One

 

G. Piel Président du Groupe Front de Gauche PACA

G. Ravache, Président du groupe Front de Gauche Rhône-Alpes

 

Fos, le 10 juin 2013  

 

photo conf de presseSi les élus Front de Gauche des Régions PACA et Rhône-Alpes ont décidé d’organiser cette initiative en commun c’est bien sûr parce que le dossier Kem One concerne nos deux régions, c’est aussi parce que face à l’ampleur de la menace sur notre tissu industriel il nous parait indispensable aujourd’hui de monter le ton.
 

Quelle est la situation ?  

Fos, Berre-Lavéra, Saint-Auban, en PACA, Balan et Saint Fons en Rhône Alpes, cinq usines sont menacées de fermeture, des milliers de salariés risquent de perdre leur emploi.

Cette situation n’est pas due à la fatalité, elle est au contraire l’illustration parfaite du fonctionnement du capitalisme aujourd’hui.

 

Rappelons quelques faits :

Fin 2011, le groupe ARKEMA décide de se délester de sa branche spécialisée dans le PVC et Gary KLESH rentre en scène.

Selon les ministres de l’époque Messieurs BESSON et BAROIN nous avions-là un industriel qui a, je cite : « un titre de noblesse dans un certain nombre de secteurs comme l’aluminium, l’énergie ou la chimie ».

Fort de ces garanties ministérielles le pôle Vinyle va être cédé pour 1 Euro à KLESH avec une trésorerie de 99.5 millions d’€ et un fond de roulement de 180 millions d’euros.
Ce qui fera dire à celui-ci: « à une occasion au moins on m’a offert de l’argent pour que je reprenne une usine ».
Le jour de la confirmation de la cession le titre d’ARKEMA en bourse progresse de 13.97%.

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes. 

Pourtant certains ne sont pas dupes. Lors du Comité Central d’Entreprise du Groupe ARKEMA  le 2 février 2012, les représentants de la CGT déclaraient :  

"Ce pseudo-repreneur, plutôt fossoyeur, ne présente aucune victoire industrielle à son actif. Ni plus ni moins que des restructurations, des baisses de salaire et des fermetures d'usines".
En fait l’industriel KLESH est un affairiste notoire qui a déjà à son actif la casse de nombreuses usines comme le groupe aluminium Zalco aux Pays-Bas, acheté en 2007 et liquidé en 2011 ou les chaussures Myrys en France achetées en 1998 et liquidées en 2001.  

Chacun savait donc ce qu’il en était.  

Un article du Monde paru le 17 mai dernier rappelait d’ailleurs « les dirigeants d’Arkema et de Kem One eux-mêmes sont obligés de l’admettre : tout s’est passé comme l’avait anticipé la CGT. »  

Ainsi seule la CGT aurait su qui était ce Tapie puissance dix comme l’ont surnommé certains ?

Bien évidemment non !

Le gouvernement de Sarkozy comme les dirigeants d’ARKEMA ont fait cette opération en toute connaissance de causes.

Et l’on peut d’ailleurs légitimement se poser la question de savoir si l’argent généreusement donné à KLESH ne l’était pas en rémunération de la prise en charge des licenciements à la place d’ARKEMA, le tout désormais financé par la collectivité puisque Kem One est en faillite. Une action judiciaire est en cours à l’initiative de la CGT, nous espérons qu’elle ira jusqu’au bout.  

G. KLESH déclarait à l’agence Reuters en novembre 2011 qu’ 'il comptait  « investir 70 à 80 millions d'euros d'ici deux à trois ans et ne pas prévoir de changement sur le plan de l'emploi ».  

On sait ce qu’il en est !  

Entre temps la trésorerie a été versée à Kem One Trésorerie, quelques 100 millions d’euros se sont évaporés dans les paradis fiscaux et le groupe a accumulé un montant de dette colossal.

Aujourd’hui, ARKEMA et KLESH se renvoient la balle et KLESH envisage de demander des dommages et intérêts !

Tout cela donne la nausée.

Parce que dans ce Monopoly sordide on oublie les 2600 employés de Kem One dont 1780 en France et les milliers d’autres qui risquent de perdre leur emploi.

Au total la fermeture de Kem One France entrainerait directement la perte de 7000 emplois selon les experts sollicités, avec une casse irrémédiable sur le tissu économique des territoires concernés.  

 

Que peuvent faire nos Régions là-dedans ?  

La fermeture de Kem One s’ajouterait à la liste ininterrompue des fermetures d’usines et des licenciements.

Nos Région conduisent des politiques dans le but de développer l’emploi,  multiplient les schémas de développement, créent des structures pour favoriser le développement économique,- les PRIDES, les COTEFE en PACA par exemple-,  investissent dans la formation professionnelle des sommes importantes, tentent difficilement de développer les emplois d’avenir, et dans le même temps des milliers d’emplois productifs sont détruits.  

Le patronat, si prompt à conseiller les élus sur l’utilisation des fonds publics ou sur l’avenir de nos collectivités, organise sans état d’âme et en toute impunité la casse de notre industrie. Ce même patronat, soulignons-le en passant, auquel le Président de la République vient de proposer à Marseille il y a quelques jours de mettre à disposition les emplois d’avenir  dont le coût sera pris en charge par les deniers publics.  

Lors de la cession d’ARKEMA à Kem One un expert analyste à la Société Générale déclarait :

« même s'ils payent 100 millions d'euros pour s'en débarrasser, ce n'est pas dramatique…Le marché, qui appliquait une décote sur le titre en raison de son caractère cyclique et de l'effet pénalisant des produits vinyliques n'a plus de raison de le faire".

Le Marché a donc tout lieu d’être satisfait de la situation ;  les salariés, la population et les élu-e-s que nous sommes non.

Nos deux Institutions en Rhône-Alpes comme en PACA ont été saisies du dossier Kem One, comme l’a été le gouvernement via le ministre du redressement productif. Nous nous en félicitons.

Toutefois, force est de constater qu’à ce jour le ministère du redressement industriel n’a pas redressé grand-chose à Arcelormital pas plus qu’à Fralib ou à Pétroplus.

Il est temps en matière d’industrie et de sauvegarde de l’emploi de prendre des mesures autres que des déclarations de bonnes intentions.

Nous proposons :  

  • que pour le dossier Kem One, nos deux Régions avec l’Etat prennent l’initiative d’une table ronde avec les industriels concernés et d’abord ARKEMA et TOTAL, qui ne peuvent pas se défiler dans ce dossier, mais également d’autres entreprises cotraitantes, sous-traitantes ou ayant intérêt au maintien de l’activité, pour que soit constitué un consortium à même de reprendre l’activité du pôle vinylique.
  • qu’un plan d’assainissement des finances soit bâti sur plusieurs années,
  • que l’Etat et la BPI apportent les finaancements nécessaires le temps de la transition
  • que l’Etat se donne enfin les moyens de récupérer les sommes détournées par G. Klesh.
  • Que les salariés de l’entreprise soient pleinement associés au plan de reprise 

Nous avons saisi nos deux Présidents de Région, Jean Jack Queyranne et Michel Vauzelle pour qu’ils agissent en ce sens. 13-026 Kem One RA PACA Lire le courrier 

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