Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Tel père, telle fille - Alain Hayot

Marine le Pen a vu, les médias se précipiter à son écoute deux fois. A la télévision dans « A vous de juger » où Arlette Chabot s’est complaisamment prêtée à sa tentative de dédiaboliser le FN. Plus tard, dans le cadre de sa campagne pour succéder à son père, Marine le Pen assimile l’immigration maghrébine à l’occupation nazie de la France retrouvant les accents racistes de son géniteur.

Les mêmes médias font alors semblant de découvrir la vraie nature de Marine le Pen. On croit rêver. Car le Pen elle est, le Pen elle restera. Ceux qui l’ont affronté dans le Nord en savent quelque chose.

La vraie question n’est pas de savoir si le FN est fréquentable ou pas. Elle est de savoir comment le combattre à l’heure où des sondages donnent sa future candidate à la présidentielle à la hausse.

En premier lieu, il faut dénoncer ce qu’il ne faut pas faire : Jean-François Coppé prétend que la seule voie passe par la prise en charge de la défense de « l’identité française », version remastérisée de l’identité nationale. Non seulement il persiste dans une légitimation du discours lepéniste mais il s’inscrit dans la volonté de Sarkozy, de tirer la droite vers son extrême, stratégie non dénuée de calculs électoraux, mais qui en dit long sur le projet politique de la droite.

Quand le PS reprend à son compte le discours sécuritaire de Grenoble sous prétexte de ne pas être taxé « d’angélisme » et que Manuel Valls fait l’amalgame entre immigration et sécurité, il se trompe et légitime, lui aussi, la démarche du FN.

N’oublions jamais que les Français ont toujours préféré l’original à la copie et le vent mauvais qui traverse actuellement l’Europe peut conduire notre peuple à se tromper de colère pour le plus grand profit de la droite et du capital.

L’extrême droite est aujourd’hui portée par deux mouvements : l’un de nature sociale, la précarisation dans laquelle le capitalisme jette les peuples au Sud comme au Nord ; l’autre de nature politique, le populisme, qui désigne comme responsable de cette crise, non le capitalisme mais pêle-mêle, les immigrés, le laxisme judiciaire et moral, les valeurs démocratiques et laïques d’égalité, de liberté et de fraternité. Il préconise le retour à une prétendue pureté ethnique et religieuse des nations occidentales comme remède à tous les maux.

Dans les deux cas, il faut affronter et non légitimer. Face à la crise du capitalisme les solutions conjointement soutenues par Sarkozy et par le directeur du FMI le socialiste Strauss Kahn, enfoncent chaque jour un peu plus l’Europe et la France dans le déclin et la peur du déclassement social.

La gauche française et européenne doit résolument rester fidèle à son histoire et penser les conditions actuelles d’une rupture avec les dogmes libéraux en donnant un nouvel élan à notre modèle social et démocratique.

Face à la montée du populisme il faut avoir le courage de parler démocratie et liberté, laïcité et solidarité, prévention et éducation, culture et ouverture à l’autre, en faisant de l’être humain et de la nature, l’alpha et l’oméga de toute politique.

Faut-il rappeler à nouveau que, contrairement à ce que pensait Laurent Fabius, le FN ne pose en aucun cas les bonnes questions et qu’il apporte encore moins les bonnes réponses. Sa vraie nature est de servir de roue de secours à la droite et au capital. La gauche, singulièrement le parti socialiste, ferait mieux de se préoccuper que son projet pose les bonnes questions, celles que le mouvement social vient de soulever et d’y apporter les bonnes réponses. Des réponses de gauche.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article