Après la déclaration de Thierry Mariani excluant toute intervention de l’Etat dans le conflit social à la SNCM, je reste médusé par l’inutilité et la vacuité de ce secrétaire d’Etat bien plus prompt à réagir quand il s’agit de draguer l’électorat d’extrême droite.
Ce n’est pas tant l’inaction d’un membre du gouvernement qui me révolte mais le fait que l’Etat se défausse à ce point et se positionne, pire qu’en spectateur, en agitateur de conflit alors que les salariés s’époumonent à demander une table-ronde, en vue d’un dialogue avec toutes les parties prenantes de l’entreprise.
Avec ses 25% de part dans le capital de la SNCM, l’Etat a bel et bien un rôle à jouer. D’autant plus que sa dotation à la Collectivité territoriale de Corse pour le service public de continuité territoriale n’a pas augmenté depuis 2008.
Lors de notre rencontre du 15 février, au ministère, j’ai demandé à Monsieur Mariani que l’Etat joue sa partition. Demande qui s’est concrétisée par le vœu que j’ai présenté trois jours après en assemblée plénière du Conseil Régional et voté par la majorité (en pièce jointe).
J’interpelle aujourd’hui une nouvelle fois l’Etat pour qu’il assume ses responsabilités et contribue à faire sortir la SNCM d’un conflit que personne – à part peut-être le gouvernement ? – ne souhaite voir durer plus longtemps. Cela est possible tout de suite s’il prend un certain nombre de décisions :
- clarifier les conditions de concurrence afin que toutes les autres compagnies soient soumises au pavillon français conformément à la réglementation française ;
- revaloriser l’enveloppe qui est gelée depuis 2008 pour le service public de continuité territoriale, attribuée à la Collectivité de territoriale de Corse ;
- intervenir en sa qualité d’actionnaire de la SNCM (25%) pour soutenir une stratégie de reconquête du trafic ;
- Si Monsieur Mariani veut se rendre utile, qu’il conseille également au Directeur Général de la SNCM, célèbre pour avoir coulé Air Littoral, d’entamer les négociations plutôt que de jeter de l’huile sur le feu par voie de presse.
Ce n’est pas seulement une compagnie maritime qui est en jeu mais le principe fondamental de continuité territoriale.