Les cantonales passées, n’y aurait-il plus d’« affaires » sur la place marseillaise ? Les juges ne communiquent plus. Certains politiques fort loquaces en campagne électorale se sont tus. Quel silence ! Devons-nous attendre les élections de 2012 pour assister à de nouvelles joutes oratoires sur la probité des élus ? Faut-il attendre 2012 pour assainir la politique, à gauche comme à droite ?
Sans attendre, je souhaite mettre les pieds dans le plat et poser une seule question : pourquoi Jean-Claude Gaudin refuse-t-il la création d’une commission de contrôle de l’utilisation des fonds publics destinés aux entreprises et aux associations, à l’instar de celle mise en place à la Région ?
Eh bien sans doute parce que le sénateur maire de Marseille fait bloc derrière le président de la République, le gouvernement Fillon, la majorité de droite et l’Etat UMP.
Malgré ses airs de ne pas y toucher, Monsieur Gaudin fait partie de la bande du Fouquet’s et du CAC 40 qui dirige la France dans l’opacité, faisant allégeance aux intérêts financiers des dirigeants des grands groupes privés. Cette grande fratrie dont les membres se nomment Bettencourt, Bolloré, Bouygues, Dassault.
A Marseille, Jean-Claude Gaudin est le relais décomplexé de cette politique à l’ancienne. Quoi de plus normal qu’il veuille continuer ses petites affaires en famille et ne surtout pas mêler les citoyens à la gestion de leur ville.
Devant le bal des prétendants à sa succession, le maire laisse planer le doute sur une nouvelle candidature en 2014. Quoiqu’il décide, les Marseillais ont tout à gagner à s’émanciper de cette droite omnipotente qui confisque leur ville au profit du marketing et de la spéculation.
Ils ne se laisseront sans doute pas duper par une prétendue relève issue de la même majorité, pressée d’emboiter le pas à celui qui aura bradé Marseille pendant presque deux décennies.
Il y a des systèmes dont il faut précipiter la chute. Celui qu’a consciencieusement établi le trio Gaudin-Muselier-Teissier ne doit pas perdurer.
Marseille comme la France a besoin d’un appel d’air démocratique, provoqué par un front populaire du XXIème siècle. Ce front ne doit pas attendre 2012 ni 2014 pour se construire avec, en premier lieu, les citoyens et toutes celles et tous ceux qui, à gauche et dans le camp du progrès social, sont disponibles pour rendre aux Marseillaises et aux Marseillais, leur droit à la ville, à la solidarité, à l’égalité et à l’épanouissement.