Lors de la dernière séance plénière du Conseil régional, deux incidents venus des bancs du groupe Front National ont permis de dévoiler le vrai visage de ce groupe.
Patrick Mennucci, du groupe socialiste, a fait son intervention sous une volée d’insultes au prétexte qu’il avait rappelé qu’un jeune marseillais comorien avait perdu la vie parce que son chemin avait croisé les colleurs d’affiches du Front National.
Peu de temps après Gérard Piel, président du groupe Front de Gauche, était à son tour insulté pendant qu’il intervenait pour son appartenance au Parti Communiste.
Je ne suis pas membre du PCF, notre groupe Front de Gauche est pluriel, mais la violence des insultes m’oblige à dire ici que pendant que les élus du FN vociféraient, la peur m’envahissait à l’idée qu’un jour ils puissent arriver au pouvoir !
Pendant ce cauchemar, me venait en mémoire l’honneur des combattants FTP MOI (main d’œuvre immigrée) fusillés parce qu’ils étaient résistants et arméniens, réfugiés italiens, républicains espagnols, juifs polonais ou hongrois*. Tous avait fui le nazisme mais luttaient avec les travailleurs français contre l’occupant nazi.
Tous étaient communistes.
Les cris de haine du FN m’ont glacé et je pensais aux 27 fusillés de Châteaubriand**, au jeune communiste Guy Moquet, mort en disant « et je meurs sans haine pour le peuple allemand », à l’instituteur de Trégunc Marc Bourrhis et à l’ancien maire de Concarneau Pierre Gueguin tous deux militants trotskystes, morts en criant devant leurs assassins nazis « vive la classe ouvrière allemande » …
Face à la haine, ceux-là ont défendu jusqu’au dernier souffle la fraternité des peuples européens, quand d’autres étaient du côté de la Ligue des volontaires français, des collabos, de Pétain.
Madame Le Pen a beau essayer de donner des gages de responsabilité, ses militants se révèlent tels qu’ils sont : intolérants et violents – ne serait-ce que dans leurs propos.
A chacun son Histoire.
La mienne, c’est celle de la solidarité, de la fraternité des peuples ; c’est l’Europe des peuples, l’antiracisme, la lutte contre l’antisémitisme.
A chacun ses valeurs.
Pour notre part, au Front de Gauche, nous continuerons à nous battre pour une autre Europe, celle des peuples unis contre l’austérité, pour la démocratie et la tolérance.
* LE GROUPE MANOUCHIAN : Celestino Alfonso (espagnol), Olga Bancic (roumaine), Joseph Boczov (roumain), Georges Cloarec (français), Roger Rouxel (français), Robert Witchitz (français), Rino Della Negra (italien), Spartaco Fontano (italien), Césare Luccarini (italien), Antoine Salvadori (italien), Amédéo Usséglio (italien), Thomas Elek (hongrois), Emeric Glasz (hongrois), Maurice Fingercwajg (polonais), Jonas Geduldig (polonais), Léon Goldberg (polonais), Szlama Grzywacz (polonais), Stanislas Kubacki (polonais), Marcel Rayman (polonais), Willy Szapiro (polonais), Wolf Wajsbrot (polonais), Arpen Lavitian (arménien), Missak Manouchian (arménien).