Ces dernières semaines, des déclarations et des actes du gouvernement écornent notre démocratie.
L’urgence de la situation justifierait que l’on se passe du débat démocratique, de l’avis du parlement, du respect des instances élues, des organisations représentatives.
Ainsi en est-il du recours aux ordonnances pour le logement sous couvert d’urgence et de défense de l’emploi. Il est temps d’agir en la matière–et bien au-delà des mesures contenues dans le « plan d’urgence » du gouvernement- mais la méthode n’est pas la bonne et lorsqu’il était député François Hollande la dénonçait.
De même, le projet de loi sur la décentralisation qui modifie en profondeur le rôle et les missions des collectivités et de l’Etat, a été rédigé sans aucune concertation.
Plus fort encore, dans notre département, face au refus de la quasi-totalité des maires d’entériner la métropole, la Ministre Mme Lebranchu déclare devant le parlement « qu’elle passera en force ».
Passer en force cela signifie ni plus ni moins ne pas tenir compte de l’avis des citoyens et de la représentativité de leurs élu-e-s. Une déclaration et une attitude choquantes d’une ministre d’un gouvernement de gauche.
Sa collègue ministre de la santé ne fait guère mieux ; sourde à toutes les interpellations des personnels, des associations d’usagers et des élu-e-s sur la casse de l’hôpital public, elle réformera (petitement)… par décret, pour ne pas remettre en débat la loi Bachelot qui l’organise.
Qu’en sera-t-il demain par exemple de la réforme des retraite rejetée par les salariés, l’urgence servira-t-elle encore d’alibi pour l’imposer sans débat ?
Ces faits ne sont pas anodins. Tout ce qui contribue à affaiblir la démocratie est une préparation des esprits à l’idée que l’on peut faire l’économie de la démocratie. Certains à l’extrême droite y pensent sérieusement… Nos valeurs républicaines sont à l’opposé de telles pratiques. Le non-respect du suffrage universel lors du référendum sur le traité européen, la banalisation du reniement des engagements pris, le mépris des représentants élus, comme les affaires judiciaires mettant en cause certains d’entre eux, sont le terreau sur lequel s’enracine le rejet de la et du politique. Il est un engrais fertile pour le Front National.
Chacun devrait y réfléchir et mesurer les conséquences de ses actes au regard de l’Histoire.