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La leçon Obama . Alain Hayot

Une fois de plus un immense espoir porté par une grande mobilisation populaire s’est brisé sur le mur du conservatisme et de la toute puissance de l’argent.

Rappelons-nous : l’élection d’Obama a suscité une ferveur aux USA et très largement au-delà. « Yes we can » cela voulait dire pour des millions de gens que la politique pouvait à nouveau, même dans le temple du capitalisme, promouvoir des mesures en faveur des pauvres, limiter le pouvoir des banques, donner un nouvel élan à la lutte contre les discriminations ethniques ou sexuelles, instaurer la paix dans le monde, particulièrement au Moyen Orient…

Deux ans plus tard, cédant aux pressions des lobbys conservateurs et financiers, c’est une réforme rabougrie de la santé, un recul sensible sur l’environnement pour aboutir à l’échec de Copenhague, une incapacité à aider les victimes de la crise des sub-primes alors que les banques responsables du scandale recevaient des moyens gigantesques de l’Etat, un soutien massif aux grands trusts sans aucun résultat pour l’emploi, enfin c’est une impuissance à affronter le lobby pro-israélien au détriment des droits toujours bafoués des palestiniens.

Résultat : abstention massive des électorats populaires, jeunes et des minorités ethniques, cœur de la victoire démocrate de 2008, alors que les banlieues résidentielles, les campagnes et les classes moyennes supérieures blanches, se sont mobilisées comme jamais contre Obama.

C’est la faute à l’individualisme populaire proclame Laurent Joffrin dans Libération !

Soyons sérieux. Et si on s’interrogeait sur cette tendance sociale libérale, que l’on constate aux USA mais aussi en Europe, à se faire élire à gauche et sitôt au pouvoir, sous prétexte d’être rassembleur, à céder aux pressions de la droite et du grand patronat ?

Qui peut reprocher à ceux qui n’en peuvent plus du chômage, de la précarité, des crises du logement, de l’école, de la santé… de se décourager ? Le vote par défaut c’est bien fini. Est-on capable à gauche, en France et en Europe, d’entendre cela ?

Voilà la 1ère leçon à tirer de l’échec d’Obama. Une gauche qui fait du compromis permanent avec les forces conservatrices et libérales son crédo désespère les classes populaires et à l’arrivée la note est salée. On l’a vu aux USA mais aussi en Angleterre, bientôt sans doute en Espagne et en Grèce.

La 2e leçon de cet échec est issue du succès du mouvement des « Tea party » : une gauche qui oublie ses valeurs ouvre une faille dans laquelle s’engouffre une droite radicalisée et populiste. Nous l’avons vécu douloureusement en 2002 en France et le phénomène est aujourd’hui européen.

La « raclée » pour reprendre l’expression, de B. Obama lui-même, doit nous servir de leçon.

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