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Iter n’est pas le bouc émissaire du désengagement de l’Etat dans la recherche

La prise de position d’éminents scientifiques, opportunément relayée par quelques personnalités politiques, concernant l’arrêt du projet Iter, se fonde sur des constats partagés.

Oui, la recherche publique souffre d’un manque criant et désastreux de crédits, à l’instar de l’ensemble des secteurs auxquels l’on peut encore aujourd’hui adjoindre le qualificatif public. Nous pensons, entre autres, à l’éducation, à la santé, à la culture et même à la sécurité.

Oui, la crise énergétique et le dérèglement climatique nous imposent d’apporter des solutions rapides et innovantes permettant de sortir au plus vite de l’ère des énergies fossiles. L’actualité des incendies en Russie, des inondations en Chine, en Inde, au Pakistan, doit inciter les politiques à agir d’urgence et efficacement face aux dangers que courent les peuples et la planète.

Oui, le projet Iter n’apporte pas de garanties quant aux résultats en termes de production énergétique. Mais n’est-ce pas là le propre de la recherche que d’engager une réflexion et un travail scientifiques, dans l’espoir de voir émerger des solutions alternatives ?

Toutefois, pour autant que nous partagions ces constats, nous ne pouvons en tirer la même conclusion, à savoir l’arrêt définitif du projet Iter.

Nous avons soutenu ce programme dès l’origine car il nous paraissait être à la hauteur des défis à relever en termes d’énergie.

Nous devons permettre à chacun de pouvoir bénéficier d’un minimum énergétique, bien commun de l’humanité et élément essentiel de la lutte contre les inégalités, tout en menant une véritable politique de réduction de notre consommation et de préservation des écosystèmes.

Il nous apparait donc essentiel de soutenir l’ensemble des chercheurs et des laboratoires travaillant à la recherche de solutions favorisant les économies d’énergie et le remplacement des combustibles fossiles.

Dans cette optique, nous refusons de voir mises en concurrence les nombreuses recherches relatives à l’avenir énergétique de notre planète, qu’il s’agisse de recherches sur les énergies renouvelables ou sur les 4èmes générations de centrales nucléaires.

Si le budget réévalué de ce projet ne doit pas lui être alloué au détriment de l’ensemble des autres champs de la recherche fondamentale, la réorientation complète de ces crédits serait tout aussi néfaste, en termes de recherche évidemment, mais également au regard des investissements d’ores et déjà réalisés dans notre région.

Par conséquent, il nous apparait fondamental que de nouvelles pistes de financement soient dégagées, en imposant par exemple la réorientation des fonds de la spéculation financière vers l’investissement dans la recherche, afin de permettre l’exploration de toutes les pistes permettant la production d’énergies non émettrices de gaz à effet de serre.

L’ampleur des enjeux énergétiques et écologiques de demain nous impose d’être innovants et responsables sur ces questions.

     

Jean-Marc Coppola

Vice-président du Conseil Régional PACA

Conseiller municipal de Marseille

   

Nathalie Lefebvre

Vice-présidente du Conseil Régional PACA

Conseillère municipale de Martigues

 

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