Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

DSK : Et si on parlait projet ? - Alain Hayot

La solidarité de caste qui entoure l’ex directeur du FMI a quelque chose d’indécent et de profondément choquant. Bien sûr il est, comme tout inculpé, présumé innocent. Mais la jeune femme, comme l’ont rappelé MG Buffet et J.L. Mélenchon « n’est pas présumée coupable, elle est présumée victime ». Jack Lang, BHL, R. Badinter, J.F. Kahn et trop de dirigeants socialistes ont eu des propos indignes laissant entendre que la parole des femmes victimes de violences sexuelles est à priori suspecte, peut-être parce qu’il s’agit d’une femme de ménage noire et immigrée ? Gisèle Halimi a raison d’être déçu et de rappeler que « s’il y a une chose qui doit prévaloir sur l’esprit de clan c’est le respect des femmes ou alors qu’on ne nous parle pas de socialisme ».

Mais pourquoi cette sale affaire revient-elle comme un boomerang et est-elle aussi mal vécue par les responsables et militants socialistes ? A mon sens parce que ceux-ci ne parviennent pas à penser la politique autrement qu’en termes délégataires (la femme ou l’homme providentiel) et en termes présidentialiste le pouvoir d’un(e) seul(e). D’aucuns croyaient que le PS avait entamé une réflexion sur la 6e République où la démocratie prendrait le pas sur le pouvoir personnel instauré par le Général de Gaulle en 1958, conforté en 65 par l’élection au suffrage universel, à la fin des années 90 par l’inversion du calendrier électoral par L. Jospin, donnant la primauté à la présidentielle sur les législatives.

Et si on parlait projet en lieu et place du « culte de la personnalité » ?. Ce qui m’a toujours posé problème chez DSK ce n’est pas sa vie sexuelle, qui ne regarde que lui tant qu’elle est fondée sur le libre consentement. C’est son attachement ultralibéral aux dogmes du capitalisme financiarisé et mondialisé, c’est son action à la tête du FMI où il a mis en œuvre une politique d’austérité pour les peuples, de privatisation des services publics, de soutien aux actions prédatrices des banques et des fonds d’investissements. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne le savent bien. En se réclamant de la gauche tout en menant une politique de droite, on aggrave le désarroi du peuple de gauche et on contribue à lui faire perdre ses repères.

La gauche n’a pas besoin de femmes ou d’hommes providentiels. Ce qui lui manque c’est un projet de rupture avec les logiques du profit et de la libre concurrence, qui fonde en Europe le traité de Lisbonne dont la France, qui a voté non au TCE, doit exiger l’annulation et la négociation d’un nouveau traité. La gauche française doit rompre avec le sarkozysme et revenir sur la casse des retraites, de l’école et de la santé publiques, l’injustice fiscale, la vie chère, le précariat généralisé, la mise en l’encan du logement social, l’autoritarisme et le sécuritarisme, la réforme territoriale.

Il faut donc réinventer une politique de gauche qui prend le contre pied des directives du FMI et de la Commission Européenne. Une politique où les valeurs d’émancipation humaine, de progrès social et de développement durable inspirent des nouveaux rapports entre le capital et le travail, entre le genre humain et la nature, entre les biens communs et leur gestion publique, où l’ambition de vivre ensemble inspire une égalité réelle entre les femmes et les hommes, une révolution citoyenne où chacun(e) compte pour un(e) et où une démocratie participative à tous les niveaux et dans tous les lieux fabrique à nouveau de l’égalité, de la fraternité et de la liberté.

Il faut s’indigner, il faut aussi rêver et s’engager.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
<br /> Tout à fait d'accord avec le terme de caste employé.<br /> Par contre, je ne suis pas d'accord avec Alain Hayot quand il dit que la vie sexuelle de DSK ne regarde que lui.<br /> Oui, la vie sexuelle lorsqu'elle n'atteint pas l'autre partenaire reste dans le domaine du naturel.<br /> NON ! la vie sexuelle quand elle salit l'autre, quand elle le contraint de quelque forme que ce soit n'est pas une affaire personnelle.<br /> Elle est dans ce cas une atteinte à la dignité humaine et cette forme de sexualité abjecte, odieuse, est doublement aggravée quand celui ou celle qui la commet est une représentativité de la<br /> communauté internationale.<br /> On parle ici d'un personnage qui s'est fait valoir comme le plus haut dignitaire de la société et qui n'a de réponse qu'à son inqualifiable comportement que l'argent et le mensonge outrancier !<br /> Comment et Pourquoi lui peut -quand d'autres ne le peuvent- acheter sa liberté, en argent sonnant, en tableaux ou en temps de surveillance et quand on sait que cet argent fait tant défaut ailleurs<br /> !<br /> Combien d'avocats et défenseurs pour ce même personnage iront s'ils le faut acheter les témoignages parce que la caste a besoin d'être blanchie ???<br /> La jeune femme a sans doute eu tort d'être jolie et voilà qu'après coup la couleur de sa peau devient un avantage comme son état de personne à la solde des nantis.<br /> La femme était ici la bonne à tout faire et à se taire.<br /> Bien dommage elle n'était pas muette.<br /> Et j'espère fort qu'elle saura parler pour dénoncer cette hypocritie déplorable, ce non-sens, la traîtrise à la féminité, la honte à l'humanité et que rien ni l'argent, ni les mots n'achèteront sa<br /> dignité, sa cause de femme.<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Aujourd’hui plus que jamais le politicien vu par le peuple fait partie d’une classe à part « la classe politique ». Tous les partis sans distinction sont classés dans cette catégorie. En témoignent<br /> les résultats des dernières élections donnant l’abstention gagnante dès le premier tour à 50 % des voix selon les cas. Sans compter les non inscrits qui ne se reconnaissent plus dans rien.<br /> <br /> Le lien de confiance qui pouvait unir le citoyen au politique a été sérieusement entamé en 1983 et n’a cessé de se détruire depuis servant les intérêts du capital qui ne voyait pas de mobilisation<br /> suffisamment forte permettant de s’opposer à ce qu’il se serve dans les caisses de la protection sociale au moyen des réductions de charges, mais aussi dans les poches des salariés en ne liant plus<br /> du tout l’augmentation du coût de la vie à celle du salaire.<br /> <br /> Et voilà que 2012 arrive, et voilà que tous le monde s’active pour préparer une campagne basée sur des affiches et des slogans espérant que les outils du capitalisme financier nous permettront de<br /> remporter une victoire... Comme d’habitude on finit par se réveiller avec une « gueule de bois » et quelques pourcents des voix qui nous condamnent lentement à disparaître du paysage politique<br /> faute de pouvoir rembourser notre couteuse campagne d’un (ou à la) mode capitaliste.<br /> <br /> Où se situe l’erreur si ce n’est dans notre volonté d’imiter les riches, nous ne vaincrons jamais de cette manière !!! Il est temps d’initier d’autres modes de communications permettant de<br /> restaurer le lien entre politiques et peuples, et de faire émerger une prise de conscience collective que la misère n’est pas une destinée liée à la mondialisation mais qu’un combat de l’ensemble<br /> des citoyens alliés au front de gauche fera que notre destin sera celui d’une utopie devenue réalité.<br /> <br /> Ainsi le projet doit devenir contrat et être signé par les représentants des principales organisations du front de gauche qui s’engageront devant les signataires à mettre en œuvre ce qui est écrit<br /> en cas d’élections de ces derniers.<br /> <br /> « Une autre campagne », c’est faire cosigner ce contrat par les citoyens dès le mois de Septembre et d’en garder un exemplaire en prenant le soin de laisser l’autre au signataire.<br /> <br /> « Une autre campagne » c’est faire de l’éducation populaire en expliquant le moindre détail de « ce que nous voulons ».<br /> <br /> C’est aussi compter le nombre de contrats signés et faire abstraction des sondages.<br /> <br /> Front International de Libération de l’Education Populaire Mouvement à but non lucratif au capital humain<br /> <br /> <br />
Répondre