Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

2011 : de l’indignation à la mobilisation - Alain Hayot

Deux petits ouvrages publiés fin 2010 marque le débat médiatique en ces premiers jours de 2011 : celui de Stéphane Hessel, « Indignez-vous » et « le Manifeste d’économistes atterrés » publié par 630 économistes.

Le succès de librairie qu’ils connaissent est symptomatique de l’air du temps. Stéphane Hessel s’indigne à juste titre de la pauvreté, l’approfondissement des inégalités, les catastrophes écologiques, la réforme des retraites et la mise en cause des acquis sociaux, la main mise des puissants sur les médias, l’injustice faite aux « sans » ou bien encore le sort qui s’acharne sur les palestiniens… ; les « économistes atterrés » quant à eux dénoncent légitimement la main mise idéologique des libéraux sur l’analyse des causes de la crise financière et sur l’austérité imposée sans débat à tous les états et les peuples en Europe et dans le monde, le comportement irresponsable des marchés financiers, les milliards publics accordés aux banques et le cynisme de celles-ci, les politiques européennes…

Stéphane Hessel comme les économistes avancent des propositions puisées pour le premier dans le programme du Conseil National de la résistance et la déclaration universelle des droits de l’homme, alors que les seconds préconisent toute une série de mesures visant à taxer et à réduire la spéculation financière, à réguler les marchés financier tout en garantissant les protections sociales, à mieux orienter les crédits en faveur de l’économie réelle…

Ces deux ouvrages passionnants à lire font beaucoup de bien par les temps qui court et leur succès montre à la fois le désarroi général face aux injustices et la recherche effrénée de solutions alternatives.

Il est important que ces deux ouvrages avancent des propositions car s’indigner et dénoncer ne suffit plus. Cela peut-être la pire comme la meilleure des choses. La pire serait de servir de substitut à l’engagement, de prétexte à déserter les combats pour construire une autre société, voire déboucher sur je ne sais quel populisme.

La meilleure, c’est évidemment ce que souhaitent nos auteurs, c’est que l’indignation constitue la porte de l’engagement individuel, à laquelle j’ajouterai celle de la mobilisation collective.

S’indigner c’est bien se mobiliser pour en finir avec les objets de notre indignation c’est mieux. C’est pourquoi, je pense que les ouvrages doivent aider à une prise de conscience du fait que les crises financières, sociales, écologiques qui suscitent notre indignation ont une même origine : le culte de l’argent roi que dénonce, une fois n’est pas coutume, Laurent Joffrin dans Libération d’hier.

Face à la catastrophe annoncée désormais par la majorité des observateurs la question de la rupture avec un système, le capitalisme, devenu socialement injuste, économiquement inefficace, écologiquement dangereux et liberticide, est de nouveau à l’ordre du jour. C’est une bonne nouvelle. Il faut en finir avec la paresse intellectuelle qui caractérise tous ceux qui se contentent, à droite comme dans une partie de la gauche, de ressasser les mêmes formules qui nous conduisent depuis 20 ans, de G8 en G 20, à des échecs massifs.

Le courage intellectuel c’est celui qui consiste à s’appuyer sur toutes les formes d’innovation économiques, sociales, culturelles, écologiques et démocratique, qui naissent et se développent dans la crise actuelle pour inventer les moyens de poursuivre l’aventure humaine, celle de son émancipation.

Bonne année à chacun et à tous.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article