Au moment où des milliers d’écoliers s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école dans la confusion d’une réforme des rythmes scolaires ni faite ni à faire, la rentrée des salariés ne s’annonce pas mieux.
Le gouvernement a en effet annoncé sa réforme des retraites qui va une nouvelle fois se faire sur le dos des salarié-e-s ; à coup de fausses évidences- on vit plus vieux il fait travailler plus longtemps- et de soumission aux desiderata du MEDEF, le projet présenté est un nouveau coup porté au monde du travail.
L’allongement « évident » de la durée de cotisation, recette déjà utilisée par la droite dans les précédentes réformes n’a rien réglé et a éloigné les jeunes générations du marché du travail et augmenté le chômage, cause principale des déficits. Il faut toujours faire attention aux fausses évidences même répétées à longueur d’antenne.
Ce que les « experts » patentés oublient de préciser, c’est par exemple que depuis 1993 l’allongement de la durée de cotisation a été plus rapide (+3,75 annuités) que l’allongement de l’espérance de vie à 60 ans (+3,38 années pour les hommes, +2,76 pour les femmes ), et que l’espérance de vie en bonne santé stagne pour les hommes (62,7 ans en 2011 contre 62,3 ans en 2005) et marque un recul pour les femmes (63,6 en 2011 contre 64,6 en 2005).
Pour faire avaler sa réforme, le gouvernement se gargarise de ne pas augmenter la CSG et de mettre en place un dispositif de prise en compte de la pénibilité dont l’insuffisance a quelque chose d’indécent au regard des conditions de travail que subissent les salarié-e-s concerné-e-s.
On nous assène qu’il n’y aurait pas d’autres solutions….pourtant les organisations syndicales de salarié-e-s ont des propositions que le premier ministre, trop soucieux de ne pas froisser Monsieur Gataz, a délibérément ignoré. Il est possible par exemple de récupérer les 200 milliards d’euros d’aide publique généreusement offert par François Hollande aux entreprises, de supprimer les exonérations de cotisations sociales de 30 milliards d’euros qui n’ont eu aucun effet sur l’emploi, de récupérer les 60 milliards d’évasion fiscales…..
Le passage en force sur les sujets difficiles, de la Métropole aux retraites en passant par l’engagement militaire, semble être devenu une façon de gouverner. Il n’est que temps que l’intervention citoyenne amène le Président de la République et le gouvernement à d’autres choix, conformes aux engagements et aux valeurs de la gauche.
Ainsi nous approuvons Madame Lebranchu lorsqu’elle déclare: « C’est une adhésion volontaire de notre société qui seule peut produire une réforme réelle, juste et efficace de notre système de retraite pour la génération qui vient »….Il est vrai que c’était en 2010 et contre la réforme Sarkozy.
Le 10 septembre les salarié-e-s devront se faire entendre. Nous serons avec eux.