Depuis 2008, qu’il a en charge la formation des infirmier-e-s, le Conseil Régional a créé près de 460 nouvelles places, mis en place des préparations au concours, instauré la gratuité, ouverts de nouveaux lieux….
C’est qu’il y a urgence.
Une étude menée conjointement par l’INSEE et l’Observatoire Régional des Métiers montre que d’ici à 2020, dans notre région, ce sont près de 40 % des agents de ce secteur qui partiront à la retraite.
Mais l’urgence du gouvernement est tout autre, il s’agit de mettre en œuvre la RGPP, la loi Hôpital Patient Santé Territoire : avec l’objectif de démanteler l’Hôpital public.
Environ 10 000 emplois hospitaliers ont été supprimés en 2010 alors que le volume d’activité a progressé de 3%. 16 000 emplois supplémentaires seraient menacés en 2011.
Conséquence : la fermeture des services dans certains hôpitaux.
Dans notre région : c’est la fermeture programmée de la maternité de la Seyne, de l’hôpital de Brignoles, de Digne, de graves menaces pèsent sur l’hôpital d’Aubagne, des actions sont conduites dans tous les hôpitaux de la région pour demander des moyens supplémentaires à Manosque, Nice, Marseille…….La démission annoncée du Professeur Nicoli, après bien d’autres, qui déclare « ne plus pouvoir assurer la sécurité de ses patients avec les conditions de travail qui lui sont imposées » est une nouvelle illustration de la situation dramatique dans laquelle se trouve l’hôpital public. L’adhésion en mai 2010 de la fédération hospitalière privée au MEDEF, illustre par ailleurs clairement, les priorités des patrons des cliniques, qui tirent pourtant leurs profits de la solidarité nationale au travers de la Sécurité sociale.
Dans le même temps, et en raison de la même logique, dans les Bouches du Rhône, les centres de santé mutualistes sont menacés de fermeture.
L’inquiétude, la colère des personnels, des usagers, des médecins sont grandes quant à la remise en cause de l’accès aux soins pour tous. Ils exigent de l’Agence Régionale de Santé depuis maintenant plusieurs mois la tenue d’une table ronde, promise mais jamais mise en place.
Un grand rassemblement a eu lieu jeudi 23 juin devant l’ARS auquel les élus du Front de Gauche de la région ont participé. Avec les comités de défenses, les élus locaux, les salariés des centres nous exigeons que cette table ronde se tienne avant le 14 juillet et que sans attendre un fond d’urgence soit débloqué. Ces moyens que l’on a su trouver pour sauver les banques privées on ne saurait pas les trouver pour notre système de santé ? Non, c’est que notre gouvernement a choisi ses priorités.
Les efforts que la région porte sur notre territoire en matière de formations des personnels et avec la création des maisons de santé risquent d’être vains si nous n’arrivons pas à enrayer cette logique du profit et les effets dévastateurs qu’elle a sur l’accès aux soins de qualité pour tous.
La proximité d’un hôpital est indispensable dans le maillage territorial, l’égalité de l’accès aux soins, l’amélioration de la prise en charge des malades.
Oui, l’Hôpital public comme les centres de santé sont un atout à protéger, à développer.