Après la baisse des dotations de l’Etat en direction des collectivités (-3.7 milliards d’Euros en 2015) le gouvernement met en place la grande braderie territoriale, avec le passage de 22 à 14 régions, la suppression des départements et le regroupement de communes au sein d’intercommunalités (regroupement et découpage qui n’ont d’ailleurs aucune cohérence).
Mais cette braderie va coûter cher aux populations puisque c’est une réforme territoriale qui n’a qu’un seul objectif : faire contribuer les collectivités à la baisse des déficits publics imposés par l’Europe.
Sinon, comment expliquer le passage en force de cette réforme, sans concertation aucune ni avec les élus du suffrage universel, ni avec les associations, ni avec les agents des collectivités et plus largement encore avec les populations.
Nos collectivités ne peuvent pas être considérées comme un coût financier à réduire.
Elles ne sont d’ailleurs pas responsables du déficit de l’Etat. Leur budget est équilibré, il permet d’investir pour satisfaire les besoins des habitants notamment à travers de nombreux services publics. Les collectivités, dont les Régions, ont fait la preuve de leur pertinence dans l’action de proximité, dans le rôle de bouclier social, dans les investissements nécessaires au développement de nos territoires.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la majorité a fait le choix de la solidarité :
- aides directes aux populations telles que le « Pass Santé », la carte ZOU ! la gratuité des formations d’infirmier et des livres scolaires pour les lycéens, la tarification sociale dans la restauration scolaire …
- aménagement du territoire concerté : le Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire a fait l’objet de nombreuses réunions de travail avec les forces vives de nos territoires.
- investissements importants en matière de transport qui ont eu pour conséquence une augmentation de la fréquentation des usagers des TER.
Notre Majorité a développé des démarches de démocratie de proximité, avec le CRJ, les comités de lignes ou les Etats Généraux (sur les Services publics, la Démocratie ou actuellement ceux en cours sur la Jeunesse) pour ne citer que ces quelques exemples.
Si notre Région ne semble pas, à ce jour, devoir être fusionnée d’autorité avec une autre, la réforme en débat la concerne en raison des nouvelles compétences qui lui seront transférées et celles qui lui seront disputées par la nouvelle Métropole, mais également parce qu’il s’agit aussi d’une question de démocratie et de l’avenir de notre République.
Si cette réforme est adoptée, les institutions locales vont à court terme être écrasées par des monstres territoriaux que vont être les métropoles et les futures régions. Ainsi la nôtre devra gérer les 180 lycées de la région, et les centaines de collèges des 6 départements, les routes en plus des transports ferroviaires, et cela dans un cadre d'austérité budgétaire.
Les élus du Front de gauche ne se résignent pas à ces évolutions néfastes.
Bien sûr il faut une réforme territoriale, mais une réforme qui pose comme enjeu : la démocratie, les services publics et la coopération entre les territoires et soit bâtie avec les populations, car il est impossible de penser et construire des institutions démocratiques sans démocratie.
En 2009, à propos de la réforme territoriale sauce Sarkozy, qui ressemblait étrangement à celle qui nous est annoncée aujourd'hui, la majorité régionale soulignait que la « seule solution était d’en appeler au peuple. » Pour notre part, nous n’avons pas changé de point de vue en fonction de la couleur du Président .La démocratie n'est ni un coût ni un handicap lorsqu'on se réclame de la Gauche, alors, exigeons ensemble un référendum !
Nathalie Lefebvre