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Tribune de Martine Carriol

La rentrée de septembre est un peu comme les vœux du nouvel an. Un moment d’espoir, d’inquiétude aussi sur ses capacités à œuvrer dans le bon sens, à faire face aux forces contraires..

Sur le plan personnel chacun peut penser que ce nouveau départ sera meilleur. Malheureusement les chômeurs, tous les exclus de l’emploi, de la vie sociale, sont aussi privés .de ce sentiment. Il en est de même pour ceux qui sont écrasés par leurs conditions de travail, les pressions de tous ordres, ou ceux qui ont un pouvoir d’achat trop insuffisant pour vivre normalement. Cela fait beaucoup de monde pour qui la vie est une terrible épreuve. En être là au XXI ème siècle en France c’est révoltant et c’est une condamnation absolue du système capitaliste coupable de tous ces malheurs.

Sur le plan politique une période de campagne électorale pour les présidentielles et pour les législatives s’ouvre permettant d’envisager enfin la défaite de la droite. Mais les agitations internes au PS et à  Europe écologie, le flou sur leurs propositions pour résoudre les problèmes économiques et sociaux, font douter de leurs engagements à transformer réellement la société.

Le Front de Gauche se distingue par sa démarche unitaire et claire idéologiquement. Il assume le choix révolutionnaire de remettre en cause le système capitaliste et avance des solutions concrètes pour combattre la main mise des grands financiers sur les politiques européennes et nationales. Il est le moteur essentiel de l’espoir d’un renouveau progressiste.

Cependant au lieu de présenter équitablement les positions du FDG, nous avons droit en permanence aux petites phrases des candidats PS, à celles des responsables de l’UMP, à la suite des aventures fangeuses de Strauss-Khan, à la déchéance de Jacques Chirac…Tout cela est loin de la vie des citoyens que l’on rencontre dans les cités ou sur les marchés. Aussi l’espoir n’est pas présent dans leurs propos mais c’est davantage la colère, le dégoût de la politique. C’est difficile de leur faire admettre que l’avenir dépend de leur mobilisation immédiate dans les luttes quelles qu’elles soient et du vote qui va avec. C’est souvent l’abstention ou le vote FN qu’ils envisagent.

Le FDG ne peut compter que sur le travail de ses militants pour convaincre et rassembler. Mesurons que nous allons vivre une étape importante pour l’histoire de notre pays. Soit nous réussissons à éclairer les citoyens sur les causes réelles de la crise qu’ils subissent et nous aurons les forces pour jouer un rôle actif dans la mise en place d’une politique nouvelle, soit nous échouons et les idéologies capitaliste et sociale libérale continueront d’enfoncer  la France dans le marasme. Mon expérience à Manosque et les exemples donnés par l’Humanité et La Marseillaise me laissent penser que  les militants FDG se sont activés de façons diverses mais permanentes tout l’été et ont bien lancé la reprise automnale. Ainsi la section du PCF de Manosque a organisé une réunion publique sur le thème de la santé et de la défense de l’hôpital local. La préparation se déroule au mieux avec une forte implication des militants et un intérêt réel de la population rencontrée. Toucher les gens à partir de faits concrets lesquels nous renvoient aux méfaits de la logique capitaliste et à la nécessité de faire d’autres choix, constitue une bonne démarche.

A nous tous de tenir la distance.

En cette rentrée la colère se fait entendre dans les établissements solaires, les conditions d’étude et de travail ne cessent de se détériorer et deviennent insupportables pour beaucoup. Exemple caricatural : une commune du 04 s’est vu obligée d’engager un professeur des écoles et de le payer sur ses fonds. C’est incroyable ! Jusqu’où peut aller l’acceptation de l’inacceptable ? Espérons que la journée d’action du 27 septembre soit d’une grande force et permette de clarifier les causes de la dégradation  généralisée de l’éducation nationale et de pointer les solutions non seulement syndicales mais politiques.

Dans tous les domaines et partout l’heure est à la prise de conscience de l’impérieuse nécessité de détruire les logiques capitalistes. C’est la condition pour que renaisse l’espoir pour tous, de réussir sa vie et de construire une société humaniste.

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