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Tribune de Luc Léandri

Jean-Louis BORLOO ne sera pas candidat à l’élection présidentielles en 2012… l’information tourne et retourne dans toutes les salles de rédaction ou plateaux radio et télé depuis dimanche soir, disséquée, analysée par les proches et adversaires politiques, les ami-e-s, bientôt les voisins ou pourquoi pas le chat errant de sa cour… Quel intérêt pour nos concitoyens, aucun ! Rien qui ne modifie leur vie, leur quotidien ou qui soit en capacité de le faire… Et pourtant, le petit monde médiatico-politique se repaît à satiété de ce non-événement… Loin des préoccupations des salarié-e-s, sans-emploi, précaires, retraité-e-s ou jeunes de ce pays !

Car que proposait Jean-Louis BORLOO pour le pays ? Il aura été ministre pendant près de 10 ans de presque tous les gouvernements, il n’a jamais sourcillé aux contre-réformes de CHIRAC ou SARKOZY, remettant en cause notre droit à la retraite, nos droits sociaux en général, facilitant la vie et la fiscalité des plus riches de ce pays… Jamais rien dit, même lorsqu’il a vu fondre le Grenelle de l’Environnement à peau de chagrin alors même qu’il en était le ministre en charge…

Que proposait de différent Jean-Louis BORLOO pour notre pays ? La pseudo règle d’abruti (dit d’or par certain-e-s) visant à interdire toute politique budgétaire de relance de l’activité économique ou de soutien à l’emploi, aux services publics, il était pour comme Sarkozy, Bayrou ou Hollande… La TVA Sociale ou la taxe carbone, comme les autres, il était pour ! Non, décidément, il ne proposait rien d’autre que la droite applique depuis 10 ans dans notre pays !

Son retrait aura au moins l’avantage d’éviter l’enfumage, qui ressort à chaque élection nationale, de la pseudo existence d’une droite « sociale », vaste miroir aux alouettes construit par nos médiacrates préférés.

Et pourtant, des informations touchant le quotidien de nos concitoyens, il y en eu ce week-end…

Depuis le 1er octobre, la justice n’est plus libre d’accès pour chaque citoyen, nous devrons désormais de nous acquitter de la somme de 35 euros pour engager une procédure en civil, et même au pénal ! Le principe essentiel de liberté d’accès au service public est remis en cause par la mise en place de ce droit d’entrée… Déjà que la notion d’égalité de traitement était plus que battue en brèche avec le sentiment grandissant auprès de nos concitoyens d’une justice « à deux vitesses », si la Gauche gagnait en 2012, le chantier visant à redonner sens et moyens à la Justice serait considérable…

Au moins la victoire de la Gauche aux élections sénatoriales devraient sonner le glas de toute velléité gouvernementale de poursuivre son œuvre de casse de nos droits sociaux et des services publics puisque, par le jeu des navettes parlementaires, aucun nouveau texte législatif ne pourrait être voté et promulgué avant l’échéance présidentielle… C’était sans compter sur le fraîchement élu président du Sénat qui a annoncé, que la nouvelle majorité de la chambre haute ne mènerait pas une logique de blocage des textes gouvernementaux, désespérant ainsi nombre de nos concitoyens.

Pendant ce temps-là, les technocrates européens continuent de saigner à blanc le peuple grec ! Imaginez qu’une « Task Force » a été envoyé au sein même des ministères grecs pour vérifier et imposer la stricte application des mesures d’austérité… les peuples ne peuvent plus décider de leur avenir, dicté par quelques fonctionnaires européens zélés, c’est la totale remise en cause de la souveraineté populaire ! ET dans le même temps, le quarteron de dirigeants européens décident de reporter le versement d’une nouvelle tranche d’aide, au fallacieux prétexte de justement vérifier « la bonne foi » des dirigeants grecs… Ce nouveau retard démultiplie encore plus la spéculation, conduit à l’augmentation des taux d’emprunts à la Grèce et accroît un peu plus leur dette… pendant que financiers et banquiers s’engraissent un peu plus sur le dos des peuples grecs, espagnols, portugais, irlandais…

Tout ceci ne plus durer et ne durera plus longtemps… Partout la mobilisation citoyenne s’organise… même aux Etats-Unis, temple du libéralisme, où dans plusieurs villes, des jeunes occupent des places et manifestent aux cris de « capitalism doesn’t work » (le capitalisme, ça ne marche pas !)…

Au Front de Gauche, notre projet explique clairement que nous pouvons faire autrement, que nous ne sommes pas réduits à toujours plus d’austérité, à la précarité généralisée… Nous affirmons au contraire que notre pays n’a jamais été aussi  riche et que la seule question qui vaille, ce sont les conditions de du partage de ses richesses ! Et toutes nos propositions vont dans ce sens : SMIC à 1700 euros, revenu maximum (au-delà de 360 .000 euros par an, on prend tout !), le salaire maximum (pas d’écart de salaire dans l’entreprise supérieur à 20 fois le salaire le plus faible), il nous revient à les expliciter, les populariser, c’est notre action quotidienne, car soyons conscients que dans ces temps de crise, « le ventre de la bête » reste particulièrement fécond !

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