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Tribune de Jacques Lerichomme

Budget Régional : les raisons de mon abstention

 

Dans le cadre de la préparation du budget 2012, le Groupe Front de Gauche a permis d’arracher des mesures significatives :

 

- Elargissement de la tarification sociale dans les cantines scolaires. L’ensemble des familles percevant l’ARS pourra en bénéficier à compter de la rentrée 2012 ;

 

- Modulation à la baisse des subventions aux communes ne respectant pas la loi SRU : cette modulation permettra de diminuer de 20% le taux d’intervention de la région sur les subventions versées aux communes étant frappées d’un arrêté de carence et/ou ne disposant pas de plus de 10% de logements sociaux sur leur territoire, et ce sur l’ensemble des subventions d'investissement versées à la commune. Il s’agit-là d’une véritable avancée.

 

- Augmentation des subventions accordées aux associations œuvrant dans le domaine de la solidarité.

Le budget de la délégation solidarité sera augmenté pour faire face à l’urgence sociale.

 

- Tenue d’Etats Généraux de l’industrie, dans le courant du dernier trimestre 2012.

 

- Augmentation des budgets culture. Le budget de la délégation culture subissait une baisse importante ; en conséquence, proposition a été faite par notre groupe de ponctionner sur d’autres chapitres 2 millions d’euros d’opérations annulables.

 

Par ailleurs, notre région a  pris cette année, à son échelon, des mesures de rupture avec la politique du gouvernement :  

- soutien au contre forum de l’eau,

- politique vis-à-vis des Roms,

- gratuité des transports pour les jeunes de moins de 26 ans sur proposition de notre groupe

- soutien aux Fralib.

  

Malgré ces avancées, j’ai décidé de m’abstenir lors du vote du budget.

 

En effet, force est de constater que le congrès de l’Association des Régions de France, où la droite n’est plus présente, n’a pas voulu entrer dans la même dynamique d’opposition radicale à Sarkozy.

 

Le débat national qui traverse la gauche ne peut pas être un simple débat sur la place du curseur – un peu plus à droite ou à gauche.

Il s’agit, plus fondamentalement, de satisfaire les revendications ou de subir la loi des agences de notation et des banques. Et là, le compte  n’y est vraiment pas !

 

Il nous fallait élaborer au niveau de toutes les régions à gauche  des budgets de rupture, qui passent s’il le faut par un déséquilibre puisque nous sommes dans un budget contraint par Sarkozy et les agences de notation.

 

Notre adversaire, c’est bien le pouvoir sarkozyste, qui a engagé une offensive d’ampleur contre les collectivités territoriales :

 

La révision des règles fiscales jusqu’alors en vigueur est un dispositif scélérat. Il s’agit de priver les collectivités territoriales de toute autonomie financière, donc de tout pouvoir de décision véritable. C’est l’État UMP qui déterminera leurs charges et contrôlera leurs ressources. Elles se trouveront dès lors placées sous une pression scandaleuse visant à les contraindre à gérer des budgets en peau de chagrin, donc à sacrifier les besoins des populations.

 

À gauche, on a donc le devoir de contraindre Sarkozy à battre en retraite !

 

La gauche est majoritaire au Sénat, dans 21 régions métropolitaines sur 22, dans 58 départements sur 102, dans trois villes de plus de 100 000 habitants sur quatre.

Elle doit cette position de force à la volonté des électrices et des électeurs de sanctionner la politique injuste et inégalitaire de la droite au pouvoir nationalement. Si toutes les régions orientées à gauche avaient refusé  les budgets d’austérité que l’on veut leur voir imposer aux populations, la droite n’aurait pas eu les moyens de s’obstiner. En affirmant publiquement leur refus d’être les artisans de l’austérité, les élues et élus de gauche auraient l’appui massif des populations. Celles-ci, en retour, seraient encouragées à approfondir leur mobilisation en faveur d’une autre politique. Et l’aspiration à battre Sarkozy gagnerait en puissance.

Notre règle d’or : l’humain d’abord !

 

Certes cette année encore, les choix budgétaires fait par la région PACA ont permis de limiter la politique désastreuse d’austérité imposée par le gouvernement ; mais le débat budgétaire revêtait cette année une importance particulière, pour deux raisons :

 

- D’une part, il s’inscrit dans le contexte d’une grave crise économique, écologique, démocratique qui frappe la population de notre Région.

 

- D’autre part, nous sommes dans une année électorale importante, avec comme enjeu la défaite de Sarkozy et de son gouvernement.

 

Soit la gauche s’adapte aux mesures prises par les libéraux, soit elle s’engage résolument dans une alternative capable de remettre l’Humain au centre de son action. C’est le sens de la candidature du Front de Gauche portée par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et par tous nos candidats aux législatives.

 

Il est indispensable à mes yeux de garder une cohérence entre positionnement d’élu et combat politique. L’enjeu aujourd’hui ne peut pas se réduire à faire au mieux dans un cadre imposé par la droite ; il est de se battre pour la mise en œuvre d’une véritable politique de rupture.

 

En un mot, une politique qui s’appuie et favorise la mobilisation sociale. C’est la seule façon de ne pas décourager ceux et celles qui subissent la crise de plein fouet, la seule façon de construire une alternative politique,  la seule façon de gagner durablement contre la droite.

 

Mon désaccord porte bien sur la démarche politique : C’est le sens de mon abstention.

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