Les habitants de notre région n'ont pas à payer pour les turpitudes des banques et des cadeaux fiscaux consentis aux privilégiés.
Notre débat d’orientation budgétaire revêt cette année une importance particulière, pour deux raisons :
- D’une part, il s’inscrit dans le contexte d’une grave crise économique, écologique, démocratique, qui a des impacts à tous les niveaux, y compris dans notre région.
- D’autre part, parce que nous sommes dans une année électorale importante, avec comme enjeu la défaite de Sarkozy et de son gouvernement.
L’orientation budgétaire que nous allons fixer, et que peuvent prendre les 21 régions de gauche, peut préfigurer aux yeux de nos concitoyens ce que la gauche fera si elle chasse Sarkozy.
Nous sommes dans une crise économique grave : la crise bancaire de 2008 s’est transformée en une crise du SYSTÈME capitaliste lui-même, qui ravage tout sur son passage. Le poids même des inégalités sur lesquelles repose ce système a été l'un des facteurs de cette crise, et la politique d'austérité mise en place ne fait qu'accentuer ces inégalités et amène à la récession.
Aujourd’hui, ce sont les banques, et les agences de notation, qui se substituent au pouvoir politique. Ceci n’est pas acceptable.
On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui !
Les « clowns » de Standard & Poor’s, pour reprendre le qualificatif sans appel de l’économiste américain Paul Krugman, ne font pas de l’économie, mais de la politique, et pas n’importe quelle politique : ils ont reconnu sans embarras que la bataille en cours ne relève pas de la technique financière mais d’un affrontement idéologique.
En juin dernier, elle faisait savoir que « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas de modifier la Sécurité sociale et ne consolident pas le budget face au risque d’accroissement des dépenses liées aux retraites et à la santé, alors il est incertain que l’Agence maintienne la note AAA » !
Il convient donc de créer des agences publiques établissant leur travail d’évaluation sur des critères d’utilité sociale et d’efficacité écologique.
Le débat qui a traversé la gauche cet été n’est pas un simple débat sur la place du curseur – un peu plus à droite ou à gauche. C’est bien un débat sur le réalisme économique.
Soit la gauche s’adapte et accompagne les mesures d’austérité prises par les libéraux, en les saupoudrant de-ci de-là de mesures un peu plus « sociales », soit elle s’engage résolument dans une alternative capable de remettre l’Humain au centre de son action, comme le proposent de nombreux économistes de gauche (le manifeste des économistes atterrés, ou encore ATTAC, etc).
Le réalisme, aujourd’hui, c’est de constater que le système économique capitaliste ne fonctionne pas, et que même les défenseurs de ce système s’accordent à dire que nous allons dans le mur !
On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l’épargne au profit du développement économique et d’analyser le risque du crédit.
On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur.
Alors, le réalisme aujourd’hui, c’est bien de prendre des mesures audacieuses ; de reprendre la main sur les banques et de créer un pôle public bancaire ; d’engager une réforme fiscale ambitieuse de rupture qui prenne vraiment l’argent là où il est…
Nous voulons tous la victoire de la gauche en 2012.
Si la voie proposée peut paraître plus difficile que celle de l’adaptation au libéralisme, c’est pourtant la seule qui permettra de redonner espoir, d’obtenir une victoire durable sur laquelle pourront s’appuyer les peuples grec, espagnol, les révolutions démocratiques égyptienne ou tunisienne, ou les indignés d’Israël.
Ne pas suivre cette voie, décevoir, serait extrêmement dangereux dans un contexte où la démocratie est fragilisée partout en Europe par la montée des nationalismes et de l'extrême droite.
La droite somme les collectivités de s'adapter et de relayer des dispositifs d'austérité .
Les habitants de notre région n'ont pas à payer pour les turpitudes des banques et les cadeaux fiscaux consentis aux privilégiés.
Le faire serait faire un cadeau inestimable à Sarko à l'ouverture de la campagne de 2012, et cela reviendrait à bafouer l'engagement pris par les majorités élues en 2010 Nous devons demeurer un bouclier social face à la politique du gouvernement.
Notre région a pris à son échelon des mesures positives de rupture avec la politique d'austérité du gouvernement : soutien au contre forum de l’eau, politique vis-à-vis des Roms, gratuité des transports pour les jeunes, soutien aux Fralib.
Elle soutient le développement et le renforcement des Services Publics maillons essentiels dans la protection des plus pauvres.
Il nous faut aujourd’hui aller plus loin. Elaborer au niveau de notre région un budget de rupture, qui passe s’il le faut par un déséquilibre puisque nous sommes dans un budget contraint par Sarkozy.
Alors oui : le réalisme aujourd'hui, c'est reconnaître qu'il faut tourner le dos à la logique de ce système, Notre région à l' occasion du congrès de l' ARF pourrait être à l'initiative d'une intervention marquante demandant aux 21 régions de gauche de se coordonner pour proposer ensemble une autre politique.