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Il n’y a pas de conciliation possible entre les intérêts de la finance et les intérêts du peuple - Jacques Lerichomme

Plus-values de cession : le patronat ne lâche rien !

Ils ont réussi à mettre un pied dans la porte et ils ne veulent plus lâcher jusqu’à avoir obtenu satisfaction. Après les pigeons, les vautours sont arrivés… La mobilisation éclair des dirigeants de start up, discrètement relayée par plusieurs proches de l’UMP, avait obtenu toute l’attention du gouvernement. Le ministre du budget Jérome Cahuzac avait même reconnu : « il faut savoir entendre une colère quand elle a des accents de sincérité. Il me semble par ailleurs très préoccupant que les chefs d’entreprise aient, depuis de nombreuses années, le sentiment de ne pas être considérés à la mesure du rôle qu’ils jouent dans le pays ».

Il aurait été souhaitable que le gouvernement fasse preuve de la même rapidité de réaction pour les salariés en lutte de PSA, Ford… qui sont venus manifester pacifiquement mardi 9 octobre au salon de l’automobile. Mais ils n’ont eu droit qu’à des gaz lacrymogène ! A n’en pas douter qu’un tel mépris laissera des traces profondes dans la conscience des salariés en lutte.

Pour les entrepreneurs du net qui se prennent pour les nouveaux « indignés », le gouvernement a fait preuve de beaucoup plus de compréhension. Le député socialiste Christian Eckert détaille les multiples exonérations prévues pour une mesure qui devient trouée comme un fromage hollandais : exonérations en totalité des plus values de cessions pour les dirigeants actionnaires qui partent en retraite, ou pour les « jeunes entreprises innovantes » (qui bénéficient déjà d’une fiscalité avantageuses), multiples abattements et dispositions pour alléger le dispositif fiscal… Et Bercy se disait encore ouvert à de nouveaux débats…

Mais pour le patronat, cela ne suffit pas, et le MEDEF  en particulier a senti l’opportunité de profiter des hésitations du gouvernement. En bons stratèges politiques, dans un communiqué commun rassemblant « Pigeons », Medef et divers syndicats d’entrepreneurs, il se met en place un véritable front unique patronal qui décrète l’« État d’urgence entrepreneurial » et réclame le retrait total de la taxation des plus-values de cession. D’un côté Laurence Parisot félicite le gouvernement sur l’objectif des 3% et le vote du TSCG. De l’autre, elle se mobilise pour que cela lui coût le moins possible et que l’essentiel de la réduction des déficits pèse sur les classes populaires à travers une réduction des dépenses publiques de l’Etat.

Hollande et Ayrault prétendaient réaliser l’austérité dans la justice. Mais il n’y a pas de conciliation possible entre les intérêts de la finance et les intérêts du peuple.

 

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