Un SRADDT citoyen au service de la lutte contre les inégalités sociales et pour un développement durable et solidaire de notre territoire
Conformément à ses compétences et à ses ambitions politiques au service des populations et des territoires de Provence-Alpes-Côte d’Azur, notre Région a décidé de « lancer un processus renouvelé de révision du Schéma Régional d’Aménagement et du Développement Durable du Territoire ». Conformément également à notre méthode participative nous avons décidé d’en faire un outil démocratique d’élaboration citoyenne d’une démarche stratégique et prospective au service de notre combat contre les inégalités sociales et pour un développement durable et solidaire du territoire.
Une telle démarche nécessite une volonté politique sans faille résolument de gauche car le constat que les services de la Région nous ont présenté lors de la 1ère réunion du comité de pilotage de la révision du SRADDT est profondément inquiétant : notre région a connu, contre toutes les prévisions, une forte poussée démographique et un effet de rajeunissement bénéfique grâce aux flux migratoires. Comme quoi, répétons-le, l’immigration est une chance pour notre avenir. Ce qui l’est moins c’est le creusement spectaculaire des inégalités sociales et territoriales. La population de notre région est en moyenne parmi les « moins riches », (doux euphémisme on devrait dire parmi les plus pauvres) de France. Une pauvreté qui se concentre dans les aires urbaines lesquelles rassemblent près de 95 % de la population de notre région. Provence-Alpes-Côte d’Azur est une « terre de contrastes » creusant de très fortes inégalités socio-spatiales entre des zones à très hauts revenus (pays d’Aix ou Côte d’Azur) et des zones où le seuil de pauvreté est très largement dépassé créant de véritables fractures socio-spatiales au sein des grandes agglomérations (Marseille, Toulon, Nice ou bien encore Avignon). Notre région concentre 25 % des quartiers dits sensibles de notre pays. Bien sûr ce contraste se lit dans les écarts considérables qui caractérisent les revenus fiscaux des ménages.
L’inquiétude est la même quand on constate la chute (malgré une très légère reprise récente) de la construction de logements. Dans ce cadre le déficit en logement social est spectaculaire et exclut progressivement des populations entières des territoires valorisés par le tourisme ou la métropolisation.
La région est en effet très fortement métropolisée, concentrant, à l’exception d’Avignon, la majeure partie de sa population sur le littoral. Cette métropolisation est inégalitaire. Elle a provoqué le doublement des déplacements inter urbains avec des émissions importantes de gaz à effet de serre dues aux transports individuels, dominants du fait de la faiblesse de nos réseaux de transports publics. Autre effet de cette métropolisation inégalitaire, une pression foncière qui provoque un dangereux étalement urbain heureusement limité par l’existence de grands parcs naturels qu’il nous faut défendre. Dernière caractéristique : le poids exorbitant de l’économie résidentielle (près de 40 milliards d’€) au détriment de l’économie productive (moins de 10 milliards d’€) tandis que l’économie sociale et publique pèse encore près de 23 milliards d’€.
On le voit cette présentation résumée de la situation est très inquiétante. Elle revêt sous beaucoup d’aspect un caractère d’urgence, justifie les efforts d’investissements publics des collectivités territoriales, condamne les politiques menées depuis plusieurs années par l’Etat et exige un volontarisme politique et une solidarité sans faille avec les luttes sociales de résistance et de recherche d’alternative. Elle appelle un profond changement de politique à l’aube de cette année 2012.
Mais dès maintenant elle interpelle les élus de gauche que nous sommes. Faut-il accompagner cette politique en réduisant les budgets publics en particulier ceux de nos collectivités ? Faut-il plier devant les banques qui privilégient ici comme ailleurs l’investissement spéculatif au détriment de l’investissement productif ? Faut-il accepter un tracé de la LGV Paris-Nice qui aggrave les déséquilibres territoriaux de notre région ? Faut-il céder devant la tendance générale à ne pas appliquer la loi SRU ? Faut-il baisser les bras devant le démantèlement de nos services publics des transports, de l’éducation, de la santé ou de la culture ?
Poser toutes ces questions (et bien d’autres) c’est bien sûr y répondre et notre majorité régionale de gauche a bien raison d’ouvrir le débat citoyen pour construire un aménagement du territoire durable et solidaire. 2030 c’est aujourd’hui que cela se prépare.