Le groupe Front de Gauche de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur est confronté à la régression des politiques publiques de soutien à l’art et à la culture. Cette régression est principalement du fait de l’Etat mais force est de constater que les collectivités territoriales s’inscrivent dans la même tendance.
C’est le cas de notre Conseil Régional dont le budget 2011 pour la 1e fois depuis l’arrivée de la gauche en 1998 aux responsabilités est en recul sensible.
Je veux le dire avec force. Notre groupe est en désaccord avec ce choix pour des raisons politiques de fond. Le Front de Gauche est convaincu que l’art et la culture sont au cœur d’une politique de transformation sociale et d’émancipation humaine, de révolution citoyenne et de planification écologique que la gauche est censée porter et mettre en œuvre. La culture n’est pas une thématique parmi d’autres. Elle donne le sens global de l’action publique et elle mobilise des acteurs qui occupent une place éminente dans le tissu éducatif, social, économique et médiatique.
La création artistique, l’action culturelle, l’éducation populaire en lien étroit avec la production et la diffusion des idées, des savoirs et leur appropriation sociale sont des enjeux politiques majeurs pour ceux qui portent l’ambition d’un changement de société et de civilisation.
L’art en renouvelant notre regard sur les choses et le monde, en nous interpellant, parfois en nous dérangeant nous aide à accueillir les différences et la diversité contribuant ainsi à lutter contre les postures conservatrices, de repli et de crainte de l’autre.
C’est pourquoi il faut résister et combattre le projet culturel de la droite qui démantèle à coups de RGPP, le ministère, les DRAC et les dispositifs publics et qui veut soumettre la culture à 3 ordres : l’ordre de l’argent en poussant les feux de la marchandisation, l’ordre moral avec l’identité nationale et le néoconservatisme, l’ordre du divertissement et du jeu qui domine un audiovisuel mis au pas idéologiquement et politiquement.
Les collectivités de gauche doivent soutenir activement toutes les résistances à cette entreprise liquidatrice et la première forme de soutien consiste à ne pas accompagner cette politique, parce qu’on la conforte voire on la légitime. Nous faisons alors des choix contraires à nos ambitions pour demain.
Dans une région où la perspective de Marseille-Provence 2013 mobilise le mouvement culturel, il est difficilement concevable que nous contribuions à sa fragilisation au lieu de le conforter.
Il faut rappeler que les collectivités du territoire de Marseille-Provence 2013 sont signataires d’une convention avec l’Europe qui les engage à ne pas financer la capitale européenne de la culture en réduisant leurs budgets récurrents consacrés à la culture.
Soutenir la culture relève de choix politiques majeurs à l’heure où les vieux démons travaillent à nouveau la société française, où l’obscurantisme et le populisme se conjuguent à de formidables régressions sociales il est urgent, à gauche de retrouver les chemins de l’espérance et de l’utopie. L’art, la culture et les savoirs sont les conditions d’une politique de gauche authentiquement transformatrice et qui se fixe pour ambition de dépasser les dominations et les aliénations générées par un capitalisme financier et productiviste en crise majeure.
Seule la culture peut ouvrir la voie de la civilisation. Ne l’oublions pas ici et maintenant.