Le débat sur la création de la métropole marseillaise agite depuis plusieurs mois les milieux politiques locaux.
En effet, la loi de décembre 2010 sur la réforme des collectivités territoriales met à mal la démocratie dans notre pays, pourtant seule la partie sur le conseiller territorial a été abrogée.
Comment comprendre que cette loi décriée par toute la gauche soit toujours en vigueur ?
En septembre 2012, s’appuyant sur l’émotion suscitée par une série de crimes commis à Marseille, et à la faveur d’un comité interministériel consacré à la cité phocéenne, le premier ministre a annoncé la création d’une métropole. Celle-ci construite autour de la ville principale aurait vocation à régler par miracle tous les maux dont Marseille souffre du fait d’une gestion locale calamiteuse depuis des années et de l’absence de l’Etat sur ses propres compétences, notamment en matière de sécurité.
Décidée sans se préoccuper de la réalité des autres collectivités locales, dans le plus grand mépris de l’avis des maires, et donc de ceux qui les ont élus pour les représenter, la métropole marseillaise aura du mal à voir le jour.
Rappelons que 85 maires, de toutes sensibilités et 8 présidents d’intercommunalités sur 9 (à l’exception de celle de Marseille Provence Métropole) demandent au gouvernement de prendre le temps de la concertation et de les écouter. Une demande qui se heurte comme aux plus beaux temps du sarkozisme à une fin de non-recevoir de la part de Paris.
Pourquoi s’opposer à la Métropole ?
Sur le fond d’abord : on peut légitimement s’interroger pour savoir en quoi la création d’une métropole aidera à réduire l’insécurité à Marseille ? La ville centre, et c’était un choix politique des municipalités qui se sont succédées, a perdu l’industrie, le port et une part du commerce, a coutume de régler sur le dos des communes voisines, comme ce fut le cas avec l’incinérateur, les questions embarrassantes.
Cette métropole n’a pour seul objectif qu'une compétition entre les territoires et les habitants.
Sur la forme enfin : la nomination d’un préfet qui met en place des groupes de travail "d’experts".
Qui sont ces experts puisque ni les syndicats, ni les associations, ni la population, ni les élus ne sont conviés à ces rencontres.
Par ailleurs, Jean Marc Ayrault devrait rendre ses premiers arbitrages sur la prochaine loi de décentralisation le 10 décembre. Mais là aussi, sur un enjeu aussi important que la réforme institutionnelle, qui aura un impact sur la vie des habitants, aucune concertation n’a eu lieu. Tous ceux qui ont agi et voté pour le changement se sentent là encore une nouvelle fois floués.
Il n’est pas utile d’être grand clerc pour comprendre que la création d’une métropole à l’échelle du département des Bouches du Rhône, sauf les pays d’Arles, à côté de celle de Nice privera les départements et la Région d’une part de leurs compétences.
En 2011 la majorité du conseil régional avait émis unanimement un avis défavorable à la création de la métropole Nice Cote d’Azur en arguant de "l’absence de concertation ayant présidé à cette création", "de l’incompatibilité du renforcement des fonctions métropolitaines avec une stratégie de développement économique et des objectifs du développement durable".
Les raisons qui ont présidé à ce vote pour Nice sont aujourd’hui pertinentes pour Marseille. Le fait que la métropole soit imposée par un gouvernement de gauche et que le président de la communauté urbaine de Marseille soit issu de la même sensibilité, ne peut justifier ni le fond ni la forme.
A la mobilisation des élus doit s’adjoindre celle des populations, le rassemblement du 21 décembre prochain devant la préfecture doit y contribuer.
Oui la coopération entre les communes est indispensable, la mise en commun de projets utiles pour TOUS est une exigence et ce n’est pas par une modification de l’organisation administrative que l’on règlera les problèmes. Les maires, les présidents d’intercommunalités font des propositions en ce sens, il faut les écouter !
Emploi, transports, logement, éducation, santé…. Ce sont là les préoccupations des marseillais et des marseillaises. Il faut que le gouvernement assume ses responsabilités et développe les services publics.
Une exigence pour tout le pays que la situation marseillaise rend plus urgente.