Cette rencontre marque une nouveauté par rapport aux années Sarkozy, qui furent dominées par une politique d’étouffement des collectivités territoriales, des décisions prises en l’absence de toute concertation, la suppression de la taxe professionnelle qui fut l'expression d'une volonté de recentralisation autoritaire du pouvoir.
Mais il serait souhaitable que les élu-e-s des conseils régionaux et les citoyens soient partie prenante de cette réflexion, qui ne peut se borner à une démarche de sommet.
La réforme des collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy a constitué une régression sans précédent pour la démocratie locale. Cette réforme, dont la suppression du conseiller territorial est devenue le symbole, a été structurée selon une logique de mise en concurrence des territoires autour de l’émergence de grandes métropoles, « compétitives » au niveau européen, et du Grand Paris, au niveau mondial. Ce sont des territoires entiers, semi-ruraux et ruraux, qui se trouvent dès lors laissés pour compte.
Face à la droite et au patronat, à leur arrogance et leur refus de la moindre concession quant aux privilèges des plus favorisés, les régions ont un rôle à jouer pour imposer des améliorations de la situation en faveur de la population et pour favoriser la mobilisation sociale.
Les annonces faites par le nouveau pouvoir paraissent inquiétantes en ce sens que, loin de rompre avec les mesures antérieures, elles semblent indiquer une volonté de les poursuivre.
Pour décider d’une autre politique cohérente, utile à la population, il est décisif d’impulser dès maintenant une discussion liant tous les niveaux : communes et groupements de communes, conseils généraux, conseils régionaux et Etat. L’urgence c'est la remise en cause de la RGPP et de la LOF (Loi organique des finances) qui imposent une logique comptable aux services publics locaux comme nationaux.
Dès lors que les régions ont été appelées à jouer un rôle de plus en plus grand dans la vie du pays – en matière de développement économique et d’emploi, de transport et d’aménagement du territoire, d’agriculture, de formation…-, il convient de rappeler des principes fondamentaux en matière de solidarité et de justice sociale :
° D'abord, dans un souci d'égalité des droits pour tous les citoyens, le respect du cadre national des politiques menées pour une véritable égalité entre les territoires. La décentralisation ne doit pas conduire à des politiques différentes selon les régions quant aux réponses aux besoins fondamentaux de la population, ni à une mise en concurrence des collectivités entre elles. On ne saurait donc accepter que les régions se voient doter d’un pouvoir réglementaire propre.
° L’accroissement des pouvoirs des régions ne doit pas servir d’alibi à des mesures d’austérité aggravées, et à imputer à ces mêmes régions la responsabilité des situations ainsi créées. On ne saurait admettre, au moment où l’Etat veut diminuer ses dépenses, que les nouvelles tâches soient attribuées aux régions sans les moyens financiers et humains de les assurer.
Il convient de donner aux régions les moyens d’une politique ambitieuse dans le cadre de compétences spécialisées clairement définies, et d’une compétence générale permettant des coopérations transparentes entre collectivités et avec l’Etat, notamment en faveur des plus démunis : pour le développement économique et l’emploi ; pour les transports ; pour la formation dans le cadre d’un service public national ; pour l’aménagement du territoire et la cohésion sociale (refus des privatisations, des partenariats public-privé, transports gratuits pour les jeunes et les chômeurs) ; pour la planification écologique et le développement durable (aide aux économies d’énergie, au développement des alternatives énergétiques…).
Cela peut être rendu possible par une réforme fiscale qui assure une autre répartition des richesses, afin de donner aux régions les moyens de politiques publiques utiles répondant aux besoins des populations et permettant leur implication citoyenne.
C’est ce que la gauche doit oser mettre en œuvre, construire une véritable démocratie à l’échelle de nos territoires.