Les déclarations et les mesures gouvernementales qui se succèdent, se révèlent chaque jour plus inquiétantes. Je ne reviendrai pas ici sur la politique économique et sociale qui gonfle les portefeuilles des actionnaires et augmente sans cesse le nombre de privés d'emploi et constitue un crime contre les salariés et l'avenir de notre pays. Je voudrais m'attacher à un autre versant de la politique Hollande-Valls tout aussi pernicieux : celui qui consiste à saper les bases de notre démocratie républicaine.
J'en prendrai deux exemples dans l'actualité récente: D'abord l'annonce par le premier ministre de sa décision de supprimer lors des prochaines élections l'envoi des circulaires des candidats à l'ensemble des électeurs. L'argument-encore et toujours - des économies nous est une nouvelle fois asséné. Or, ce matériel, amené dans chaque foyer, qui traite à égalité l'ensemble des candidats, est souvent la seule source d'information sur les candidats en question et sur leur programme. Supprimer l'envoi des circulaires c'est renforcer l'inégalité entre les candidats, laisser à quelques grands médias -dont l'objectivité ne fait de doute pour personne- le soin "d'informer" les électrices et les électeurs dans le cadre d'un débat politique limité à l'alternance entre les deux grands partis dont les programmes ont de plus en plus de mal à se différencier. Les mêmes pleureront ensuite à chaudes et insincères larmes sur le discrédit de la politique et les progrès de l'abstention!
Autre mauvais coup à la démocratie la déclaration de Madame Lebranchu, ministre, déclarant devant l’Association des Régions de France que la réforme territoriale visait à retirer aux communes leur rôle de premier échelon de mise en œuvre des politiques. Après avoir juré les grands dieux que les regroupements des territoires ne porteraient pas atteinte à la démocratie locale, la Ministre reconnait officiellement que la réforme veut supprimer l'échelon le plus proche des administrés, celui qui est leur interlocuteur au quotidien. Elle donne ainsi raison à ceux qui dénonçaient depuis le début cette démarche centralisatrice, et notamment aux élus qui s'opposent ici à la métropole, monstre politico-administratif dont le seul objectif est de répondre aux exigences du patronat auquel le gouvernement s'empresse de répondre positivement dès qu'il émet un souhait.
Notre pays souffre déjà d'une absence de démocratie sociale avec des patrons qui décident seuls de la vie ou de la mort des entreprises et de leurs salariés; les "réformes" gouvernementales servies au nom d'une prétendue modernité et des nécessaires économies constituent une érosion continue des acquis démocratiques de notre pays. Ni le pays, ni le peuple de France, ni la démocratie républicaine, ni la gauche n'en sortiront indemnes.
Il y a urgence à imposer une VIème République qui mette au cœur d’un projet politique l’Humain d’abord.