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La démocratie ne se divise pas - Nathalie Lefebvre

J’ai assisté en septembre au quatrième Forum du réseau national de la démocratie participative à Allones près du Mans. Des rencontres qui ont réuni plus de 250 participants, représentant  40 collectivités avec des élus de différentes régions (maires, conseillers régionaux et généraux), agents des collectivités ou simple citoyen. De nombreux échanges d’expériences ont permis de mesurer à la fois la vitalité de la démocratie participative et la volonté des collectivités présentes, de se ré-interroger sur leur pratique afin de favoriser toujours plus et mieux l’intervention citoyenne dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. Ils ont mis aussi une nouvelle fois en évidence les obstacles auxquels cette volonté se heurte : défiance vis-à-vis de la politique et des élus, sentiment d’impuissance, repli sur soi dans un monde qui met à mal les solidarités...

Pour autant pas de découragement ni de renoncement de la part des présents.

A l’instar du politologue Paul Ariès qui redemande de penser aussi la non-participation comme un acte politique et pas seulement comme un acte d’indifférence et qui rappelle que participer c’est prendre part, apporter sa part, recevoir une part dans un cheminement d’éducation populaire, qui emportera tôt ou tard les raisons.

Bien des élus et des collectivités ont cette ambition de redonner la parole aux citoyen-nes. Encore faut-il que cette ambition soit sincère, que la démarche démocratique ne soit ni un simple affichage ni un défouloir pour éviter des mobilisations revendicatives. Cela exige aussi que l’on ne rabatte pas l’exercice de la démocratie sur le seul terrain du local, laissant aux « experts » (et non plus même aux élu-e-s) la maîtrise des choix nationaux et européens.

Comment ainsi admettre que par exemple l’acte III de la décentralisation s’écrive –il est même parait–il bouclé aux dires de la ministre- sans les élus locaux, les agents des collectivités et les populations ?

Est-il raisonnable d’appeler les habitant-es à définir l’implantation d’une école, le tracé d’une route quand dans le même temps on leur dénie le droit de s’exprimer sur le traité européen et la règle d’or qui leur imposeront des choix auxquels ils n’ont aucune part sous contrôle de commissaires non élus ?

Certains élu (e)s rétorqueront que notre rôle est de prendre les décisions pour les habitants, que nous avons été élus pour cela ! Mais notre rôle d’élu n’est-il pas de mettre en place des lieux des espaces pour décider et co-construire ensemble les politiques publiques avec pour ambition de servir l’intérêt général. C’est un choix politique que les élu(e)s du groupe Front de gauche à la Région PACA assument et mettent en œuvre au quotidien.

La démocratie ne se divise pas, ne se cantonne pas. Elle ne peut se limiter à une posture, elle se traduit dans des actes, renouvelés au quotidien. La Charte régionale de la démocratie que nous adopterons prochainement doit nous  y aider.

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