Il ne se passe pas une semaine maintenant sans qu’un dirigeant du Parti Socialiste n’attaque un nouvel ennemi, une hydre souterraine, que l’on voit ressurgir de temps en temps: l’extrême gauche.
On aurait pu penser que le parti socialiste utiliserait sa salive à s’affronter à Mital, Parisot, Unilever, à la direction de Peugeot… aux patrons, pour tout dire.
Non ! L’extrême Gauche, voilà le mal, l’empêcheur de gouverner en rond !
Le concept est d’ailleurs assez flou : ici c’est tout le Front de gauche, là une seule composante du Front de gauche, ailleurs les opposants à Notre dame des Landes ; ici, là, et encore là, les trotskistes…Ah les Trotskystes!!!!
Jusqu’à ces derniers jours , je ne prêtais pas trop attention à ce que l’on appelle en terme journalistique un “marronnier”, un sujet qui revient chaque année quand on n’a rien à dire, en l’occurrence quand on ne peut rien dire tellement c’est injustifiable.
Mais l’autre jour en réunion de majorité au Conseil régional PACA, celle qui préparait le vote du budget régional, l’atmosphère était déjà très tendue et l’attaque est revenue. Trop c’est trop!
Je ne pouvais laisser passer cette nouvelle attaque contre mon courant, celui que j’appelle pour ma part la Gauche de transformation sociale et écologique, je me suis donc livré à une intervention très soft, demandant simplement l’ouverture d’un dialogue sur la politique gouvernementale menée, en citant Florange et la question des Rroms et en affirmant que, comme pour le mariage pour tous, la gauche pouvait se rassembler au lieu de s’ignorer.
En guise de réponse à ma demande de dialogue entre les différents courants de la gauche, j’ai eu droit à une réponse cinglante du PS, une fin de non recevoir.
Faire entrer le débat sur la transformation sociale dans l’hémicycle et dans le débat à gauche, voilà pourquoi nous avons été élus. Et on ne se taira pas !
J’ai aussi le souvenir qu’au mois de mai, mon camarade Jean Claude Labranche, candidat Gauche Unitaire aux élections législatives, a immédiatement appelé, au soir du 1er tour, à voter pour Vincent BURONI du Parti Socialiste dans la 12ème circonscription des Bouches du Rhône et que cette circonscription, précédemment à droite, a été gagnée par les socialistes de justesse à 300 voix près… dont celles de la fameuse extrême gauche tant attaquée aujourd’hui et qu’on courtisait en mai pour gagner l’élection.
Les camarades du parti socialiste, ne devraient jamais oublier qu’ils ne doivent pour la plupart leur élection que grâce aux voix de cette gauche là, du Front de Gauche.
Ne jamais oublier que ce n’est ni Parisot, ni Mital qui vous ont élus, mais ceux qui aujourd’hui se prennent de plein fouet votre politique et qui ne comprennent plus.
Plutôt que de distribuer bons et mauvais points, les bons élèves de la politique gouvernementale feraient mieux de discuter sur le fond avec toutes les composantes de la gauche comme le font Marie Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, l’eurodéputé Liem Hoang Ngoc, Emmanuel Maurel. Comme le font ces quinze députés socialistes qui viennent d’appeler à une grande réforme fiscale.
Le courage est là, pas du côté de ceux qui ont l’échine souple et qui se taisent quand les Rroms se font virer de gymnases en églises, de rues en parkings.
La direction du PS ne peut penser une minute que son affaiblissement aux 3 élections partielles est du à notre courant !
Non ! Tous les observateurs s’accordent à penser que la politique du gouvernement est la source de l’abstention et donc de leur propre échec. Quand on gouverne contre son camp, on se ramasse.
Non, le dessein de la direction du Parti Socialiste est plus subtil : diviser celui qui gêne, le Front de Gauche, diviser ses composantes car le Front de gauche dérange et provoque partout le débat y compris au sein du Parti Socialiste.
Pierre Laurent, secrétaire national du parti Communiste Français, a répondu en n’éludant pas le sujet dans l’interview de ce week-end dans le Parisien.
“Le Front de gauche est uni dans la critique, comme dans les propositions. Que le gouvernement n’essaie pas de nous diviser, c’est peine perdue ! Mais j’observe que la réflexion sur une politique alternative de gauche dépasse notre seule organisation. Elle existe chez une partie des socialistes, des écologistes et de très nombreux syndicalistes. Le gouvernement ne pourra pas continuer longtemps à fuir ce débat.”
C’est la seule réponse appropriée pour que ces attaques du Parti Socialiste à notre égard cessent nationalement et régionalement.
N’en déplaise : après les coups de colère, les sermons, les menaces, les attaques contre l’extrême gauche… les élu(e)s Front de Gauche ne se laisseront pas diviser, toutes les composantes font bloc quand l’une des leurs est attaquée ; toute les composantes, dont la gauche de transformation sociale, vont peser dans le débat pour une autre politique, tant nationalement que régionalement.
Le débat difficile dans la majorité régionale pour préparer le budget a unifié le groupe Front de Gauche malgré un vote différencié. En témoigne l’excellente intervention du président de notre groupe Gérard Piel que je mets en fin de ce billet d’humeur. Le groupe front de Gauche PACA a franchi une étape et en sort renforcé.
L’heure est à la mobilisation unitaire dans la rue contre les conséquences de la politique d’austérité. C’est l’ambition que le Front de Gauche se fixe dès janvier en construisant avec les salariés et leurs organisations syndicales une grande mobilisation unitaire.
L’heure est aussi à la plus grande ouverture du Front de Gauche à tous ceux, toutes celles, socialistes, verts, syndicalistes, associatifs, citoyens, qui ne veulent pas aller dans le mur avec la politique suicidaire du gouvernement !