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Gérard Piel écrit au PDG de La Poste JP Bailly

Monsieur le Président Directeur Général,

 

Il y a quelques jours, j’ai reçu un exemplaire du magazine qui s’intitule « Dialoguer pour agir » !

 

Quelle ne fut ma surprise en découvrant que ce beau titre émanait de la Poste !

 

En effet, il apparait, au vu de l’actualité « postale » de mon département, que cet intitulé est quelque peu usurpé, qu’il est même l’antithèse de ce qui se passe tous les jours dans l’entreprise que vous dirigez.

 

Nous nous sommes croisés lorsque vous étiez en charge de la RATP et moi-même en charge des Transports à la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Vous portiez alors, un discours offensif pour le service public. Je dois dire que j’avais été impressionné par ces paroles prononcées par un grand patron.

 

Aujourd’hui vous avez la responsabilité d’une entreprise où des facteurs, des guichetiers et même des directeurs se suicident. Vous me répondrez que les résultats financiers de La Poste sont excellents. Mais pour cela il a fallu supprimer des milliers d’emplois, généraliser les CDD, refuser tout dialogue avec les salariés et leurs organisations syndicales.

 

Actuellement dans les Alpes-Maritimes, ce sont des centaines d’agents qui sont en grève (depuis plus de cinquante jours au Cannet) et vous refusez ne serait-ce que la nomination d’un médiateur !

 

Pousser des femmes et des hommes à bout, est certainement un mode de gestion du personnel bénéfique pour les actionnaires et leurs dividendes. Mais, comment pouvez-vous accepter cette casse sociale et ce fonctionnement inhumain ?

 

 

Ces femmes et ces hommes ne sont-ils que des variables d’ajustement ? Leur savoir-faire, leur connaissance de l’entreprise publique, ne sont-ils bon qu’à jeter par-dessus bord ?  Leurs souffrances au travail ne méritent elles que de l’indifférence ?

 

Dans ces conditions, la nomination d’un médiateur est-elle une mesure trop révolutionnaire ?

 

Monsieur le Président, vous servez bien vos actionnaires, vous êtes certainement un modèle de gestion ultra-libérale, surtout si la mesure se fait en nombre de suicides, de démissions, de dépressions… Quant à votre humanité ?

 

Ce courrier est public comme je rendrai publique votre éventuelle réponse.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président Directeur Général, à l’expression de mes salutations distinguées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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