L’été s’est passé calmement et chaudement. Notre Région respirait des parfums provençaux bien plus odorants que les effluves de peste brune des dernières élections. Au point que même le Président « normal » y est venu couler de paisibles vacances.
Enfants et parents préparaient une rentrée scolaire toujours plus difficile, par un pouvoir d’achat en berne, et ce, malgré des aides conséquentes comme celles de la Région en direction des jeunes, lycéens et apprentis.
Le chef de l’Etat et le premier ministre se faisaient reprocher par la droite défaite de prendre la situation trop plan-plan quand les 3 millions de chômeurs sont venus rappeler l’urgence de changer de politique et de braquet, avec des réformes attendues par une majorité de notre peuple.
Puis un règlement de compte à Marseille - le seizième depuis le début de l’année - est venu tout accélérer. Une sénatrice socialiste en mal de notoriété demande l’intervention de l’armée dans les quartiers Nord de la deuxième ville de France.
Bien sûr, cette situation devient insupportable. Des jeunes se font tuer parce qu’ils ont touché de près ou de loin aux trafics de drogue, d’argent, d’armes. Pourtant, Marseille ne connait pas plus de règlements de compte qu’en 1978, 1983 ou encore 1985. Et, à cette époque, personne ne réclamait l’armée.
Bien sûr, le manque de policiers, la casse des services publics de police et justice, renforcent l’insécurité et surtout le sentiment d’insécurité.
Bien sûr, la délinquance et la violence se font de plus en plus jeunes, nous conduisant d'ailleurs à nous poser la question du lien entre ce constat et la fragilisation de l’école, la précarisation des adultes et la paupérisation des familles.
Bien sûr, le gouvernement se doit de réagir, vite, fort et surtout efficacement, c'est-à-dire dans la dimension sociale et en ayant le courage de prendre l’argent là où il est.
Or nous avons eu à faire à une réaction hâtive d’abord du président de la République, excusez du peu, convoquant un Comité interministériel, sans réflexion approfondie, sans associer tous les acteurs de terrain qui font un travail formidable au quotidien et empêchent l’explosion sociale qui nous pend au nez.
Comité qui a accouché d'une souris, à l'exception du renfort de 205 policiers et gendarmes mais qui reste préoccupant au regard de la poignée d'éducateurs supplémentaires accordée. Le reste c’est du réchauffé…de la droite, confirmant des choix libéraux comme cette Métropole réclamée à cor et à cri par le patronat local pour améliorer ses affaires.
Ont suivi deux jours de visite du premier ministre à Marseille – du jamais vu – sans qu’il ne rencontre les acteurs de terrain, plébiscitant l’école de la 2ème chance au lieu de se pencher sur celle de la première chance. Deux jours en ignorant les voix dissonantes des militants et élus du Front de Gauche qui émettaient des propositions alternatives concrètes.
Un mépris d’autant plus profond que les médias complaisants avec le pouvoir ont minutieusement censuré cette petite musique différente qui se voulait bousculer le consensus PS / droite, sur fond de compétition ouverte pour les prochaines élections municipales.
Beaucoup de bruit et de discours pour ne rien dire, ne rien faire et surtout laisser tranquille le pouvoir dans les mains de la finance et des banques.
Silence sur les moyens à donner aux collectivités locales pour qu’elles assument leurs compétences, leurs engagements, comme ces 193 millions d’euros que l’Etat doit à la Région.
Rien sur la délinquance financière des banquiers, des traders, de certains grands groupes et de patrons comme Bernard Arnault.
Pas plus sur la pauvreté, la misère dans une région qui les voit ronger la vie de dizaines de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants, au pied de nos institutions froides et impassibles.
Chut ! Ne parlez pas de tout cela. Ne parlez pas de ce qui fâcherait les tenants de la finance, de la BCE.
Ne parlez pas de ce qui mettrait le chef de l’Etat dans une situation difficile avec la Chancelière allemande.
Ne parlez pas des réformes nécessaires pour sortir de la spirale de l’austérité, nationale et décentralisée, pour répondre aux besoins sociaux, à l’intérêt général.
Ne parlez pas…mais agissez et prenez le pouvoir !
Les élus Front de Gauche vous y invitent avec la pétition pour un référendum sur le Traité européen de stabilité et la pétition pour que l’Etat paie sa dette à la Région PACA.
Pour un référendum sur le Pacte budgétaire européen
Pour une dotation exceptionnelle de l'Etat au Conseil Régional PACA